jeudi 29 septembre 2011

Attaques de requins : la Réunion ordonne l’abattage de 10 squales


En réaction aux 4 attaques de requins, dont 2 mortelles, survenues cette année à la Réunion, le préfet de ce département français d’Outre-mer a mandaté lundi des pêcheurs professionnels pour capturer 10 squales au nombre desquels, selon lui, devraient figurer les auteurs de ces agressions. Polémique.

Représailles ? Souci d’apaiser l’électorat ? Ou décision raisonnée et efficace ? Lundi, devant l’émotion suscitée par la mort du surfeur Mathieu Schiller, emporté par un requin le 19 septembre dernier, une attaque qui fait suite à 3 autres, dont une également mortelle, depuis le début de l’année, le préfet de la Réunion a décidé la mise à mort du ou des squales incriminés.

Il a confié cette tâche à deux professionnels de la pêche, censés identifier et capturer ces prédateurs, les autorisant pour la circonstance à tuer 10 spécimens (requins tigres et requins bouledogues). Si Brigitte Bardot, fervente défenseure des animaux, a immédiatement dénoncé cette démarche, elle n’est pas la seule à émettre des doutes sur son bien-fondé. Selon de nombreux spécialistes, cette opération ne résoudra pas le problème, de nombreux requins hantant de toute façon les eaux réunionnaises, et certains étant inévitablement attirés par les planches de surf.

Il ne saurait bien sûr être question de les pêcher tous, d’autant qu’ils jouent un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes marins - ce que nombre de personnes ayant échappé de justesse à leurs assauts ont elles-mêmes compris. Chaque année, des millions de requins sont pêchés, tandis que moins de 10 humains paient de leur vie leur incursion de loisir dans le domaine vital de ces prédateurs.

mercredi 28 septembre 2011

Aquaculture Madagascar: Les crevettes menacées par un virus


Les crevettes menacées par un virus - Des aquacultures mozambicaines sont infectées par le virus du syndrome de point blanc. Les experts malgaches craignent sa propagation à Madagascar. La vigilance est de mise. Les crevettes élevées dans les aquacultures courent actuellement un grand danger. En effet, le virus du syndrome de point blanc (white's point) est en train de faire des ravages au Mozambique. Le virus n'est pas fatal pour l'être humain mais peut être nuisible à l'exportation de l'or rose.

« Comme son nom l'indique, le virus se manifeste à travers des points blancs sur les carapaces des crevettes. Il ne présente pas de danger pour l'homme mais peut engendrer la méfiance de la part des consommateurs. Le virus pourrait être nuisible pour l'économie », explique Simon Rabearintsoa, directeur général de la Pêche.

Un expert indique que le risque de propagation à Madagascar est très important. « Nous avons des liaisons en permanence avec des pays en communication avec le Mozambique. Même les boutres en provenance des Comores peuvent représenter du danger. Il est possible qu'elles soient en contact avec des crustacés venant de ce pays », explique l'expert. Il recommande l'extrême prudence afin d'éviter le pire.

Anticipation

« À mon avis, des mesures doivent, par exemple, être prises pour que les grandes surfaces arrêtent toute importation de crustacés en provenance de pays, tels que l'Afrique du Sud », recommande-t-il.

Conscient de ces dangers, le directeur général de la Pêche a révélé l'existence d'une réunion entre les experts de la filière, hier. Celle-ci a eu comme objet d'étudier les mesures préventives pour prévenir la propagation du virus auprès des aquacultures dans la Grande île.

La rencontre a réuni, entre autres, des représentants du ministère de la Pêche, ceux de l'autorité sanitaire halieutique et ceux du ministère de l'Élevage. « Nous devons anticiper pour que ce virus n'entre pas à Madagascar. Les experts ont suggéré la promulgation d'un arrêté qui stipule l'interdiction des importations des crustacés et produits alimentaires qui contiennent du crustacé en provenance des zones à risque. Il devrait aussi mentionner le renforcement de la sécurité des moyens de transport, tel que les boutres, venant de ces zones », confie Simon Rabearintsoa.

Il a toutefois précisé qu'il revient au Conseil de gouvernement de ratifier l'application de cet arrêté. Une autre réunion est également prévue se tenir ce jour, avec les aquaculteurs. L'objectif de la rencontre est de les informer du danger qui plane sur leur activité et leur rapporter les mesures préventives à prendre.

mardi 27 septembre 2011

Journées de l’igname: Promouvoir ce produit méconnu mais riche


Les journées de l’igname ou « oviala » seront organisées à Anosy les 28 et 29 septembre prochains. Notons que ce tubercule est riche en glucides, en vitamines, en minéraux, en protéines. L’une de ses protéines possède des propriétés pharmacologiques. La littérature médicale évoque en effet l’effet antioxydant de l’igname, son efficacité contre les symptômes de la ménopause, les lipides sanguins, la tension artérielle, etc. Sinon, les nutriments les plus importants dans l’igname sont le phosphore, le potassium, le manganèse, le cuivre, les vitamines B1, B6 et C. Seulement, ce produit est encore méconnu ou rejeté par certains. Il peut toutefois se substituer à d’autres tubercules grâce à ses valeurs nutritionnelles. De plus, sa consommation ne provoque pas l’aigreur d’estomac, souvent fréquente lors de la consommation de tubercules. Notons que la consommation de tubercules est de 62 kg par habitant par an à Madagascar, contre 97 kg pour le riz. Elle vient ainsi en deuxième position et la plupart des tubercules consommés sont limitées au manioc et à la patate douce. Les journées évoquées plus haut devraient faire connaître un peu plus l’igname, un produit qui se prête aussi à plusieurs préparations culinaires.

Pour l’heure, rares sont les paysans qui en cultivent. C’est pourquoi les marchés de la capitale où l’on peut presque tout trouver, ne proposent pas l’igname.

jeudi 22 septembre 2011

Les mangroves contribuent au piégeage de carbone


L’importance de la conservation des mangroves dans la lutte contre le changement climatique a été soulevée par les intervenants à la conférence-débat organisée par l’Institut français de Madagascar durant la soirée du mardi 20 septembre. Concrètement, les forêts de mangroves contribuent au piégeage de carbone pour faire face au changement climatique.

Les mangroves jouent un rôle très important pour le fonctionnement des écosystèmes marins car ils capturent les sédiments apportés par les rivières et la marée, protègent les rivages contre la force des cyclones, ainsi que le littoral contre l’érosion côtière. Les mangroves contribuent également au piégeage de carbone pour faire face au changement climatique. Selon les explications du Pr Vololoniaina Jeannoda, enseignant-chercheur au département Biologie et écologie végétales de la faculté des Sciences de l’université d’Antananarivo, un hectare de mangroves peut contenir près de 700 tonnes de carbone par mètre de profondeur. Ils permettent aussi l’oxydation de 1.400 tonnes de carbone par hectare par an. Et la disparition de 1% de forêts de mangroves par an pourrait engendrer une perte de près de 125.000 tonnes de carbone. D’où la nécessité de conserver les mangroves non seulement pour la survie des espèces faunistiques qu’ils renferment mais surtout pour lutter contre les phénomènes liés au changement climatique dont la réduction de l’émission de carbone, toujours selon ce spécialiste.

Pression des activités humaines

Ces dernières années, les mangroves font face à une pression des activités humaines car les bois ont été exploités dans la vie quotidienne (Bois de chauffe, charbon, construction et clôture). Certaines espèces comme l’avicennia marina ou « afiafy » ont été utilisées comme plantes médicinales pour soigner la fièvre, le paludisme ou les maladies dentaires. D’autres sont exploitées dans l’artisanat, dans le tourisme, dans la production des produits halieutiques dont les poissons, les crevettes, les crabes… Pour dire que les mangroves ont été exploités à des fins utiles mais son exploitation abusive risque d’engendrer des impacts sur l’environnement marin et terrestre si on ne parle que le problème de déforestation qui ne cesse de prendre de l’ampleur ainsi que l’érosion marine et côtière. Par exemple, le cas de Morondava où la côte recule de 500m depuis 1950.

A ce problème s’ajoutent la pollution marine, la destruction des récifs coralliens, l’insécurité alimentaire car les communautés environnantes des mangroves n’ont plus de source de revenus. D’autres menacent ont été énoncées par le Pr Vololoniaina Jeannoda lors de son intervention, entre autres, l’inondation par l’eau douce, l’augmentation du niveau de la mer et surtout la pollution, étant donné que les mangroves servent de toilettes dans certaines zones qui pourront engendrer une intoxication par la consommation d’animaux marins, notamment dans le Sud.

Pour pallier ce problème, il s’avère important de conserver les forêts de mangroves car ils sont inclus dans le système des aires protégées de Madagascar (SAPM). Les mangroves font partie également d’aires protégées marines ou terrestres comme Samalaza, Nosy Hara, Masoala, delta de Tsiribihina. Leur préservation contribue au fonctionnement des écosystèmes marins et côtiers et garantit la survie des espèces faunistiques dont les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les crustacés. Le tout, sans oublier le changement climatique.

mardi 20 septembre 2011

Education environnementale: Les discours ne collent pas aux réalités

Depuis les programmes environnementaux démarrés au début des années 90, des financements importants ont été engloutis dans l’éducation et la sensibilisation sur la nécessité de préserver l’environnement. Sur la même période, la déforestation a reculé selon les données de la Banque mondiale, mais la situation en matière de préservation est loin de déboucher sur des réalités positives. Hier à la présentation du festival « Mifohaza Masoala » à Analakely, le chanteur Théo Rakotovao, fondateur du groupe Mikea a souligné : « Les grands-parents, les parents tout comme les enseignants n’ont jamais été éduqués à préserver l’environnement, comme il se doit. C’est normal si les enfants sont dans la même situation et si les petits garçons n’hésitent pas à engager des combats à mort de caméléons, à chasser les oiseaux, etc. Lorsque les projets et ONGs descendent sur le terrain pour l’éducation et la sensibilisation environnementale, ils parlent de couche d’ozone, de réchauffement climatique… Des discours incompréhensibles et éloignés des préoccupations et des aspects culturels de la population ». A son avis, l’éducation environnementale devrait faire partie intégration des programmes scolaires. Et pour les campagnes sur terrain, il propose le partenariat entre des natifs qui comprennent au mieux les réalités et cultures locales et les projets et ONGs.

Autrement dit, la stratégie sur l’éducation environnementale doit être déclinée en des stratégies répondant aux réalités et cultures locales. Chaque région, voire chaque zone ayant des aspects culturels différents de ceux d’une autre devrait avoir sa stratégie. Le chanteur évoque la culture masikoro pour laquelle il est interdit d’avoir des toilettes. Il faut donc aller dans la forêt pour faire ses besoins. Du temps de son enfance, on n’avait pas à faire 100 m pour cela. Puis, la distance s’est allongée pour être longue de 3 km à l’heure actuelle. Il faut y aller à bicyclette t le problème devient encore plus aigu si l’on a la diarrhée ! Seulement, les discours environnementaux servis à la population n’ont aucun lien avec cette réalité désastreuse. Autre aspect de la culture masikoro : le cercueil doit être fabriqué en palissandre mais comme cette essence a été décimée depuis, les gens ont dû se rabattre sur une autre espèce appelée « mangarahara », un bois très résistant. Mais là aussi, l’exploitation sans mesure d’accompagnement comme la restauration ou le reboisement a fortement réduit l’effectif de cet arbre.

Résultat : les Masikoro doivent faire avec l’eucalyptus. « Ca les rend tristes d’y mettre le corps de leur proche mais personne ne les a sensibilisés sur les manières de faire pour éviter cette catastrophe culturelle », souligne le chanteur. Beaucoup d’artistes s’intéressent à l’environnement. Outre Théo Rakotovao et Jaojoby, le valihiste Rajery initiateur du festival des musiques vivantes « Angaredona » focalise le thème de l’édition 2011 sur l’environnement et la culture de la paix.

Ce jour, le festival organise un nettoyage complet d’Ambohimanga rova avec les riverains. L’idée est de sensibiliser les gens sur la richesse de ce patrimoine mondial et de comprendre ainsi pourquoi les constructions doivent, par exemple, respecter certaines spécifications.

lundi 19 septembre 2011

Masoala chanté par Jaojoby et Razia Saïd


Patrimoine mondial devenu célèbre par les trafics qui ont mis à mal son état, la forêt de Masoala a trouvé des protecteurs de marque. Les artistes de renom s'engagent.

Le mouvement « Mifohaza Masoala » ou « Masoala réveilles-toi » vient de voir le jour. En tête d'affiche se trouvent l'artiste malgache résidente aux États-Unis, Razia Saïd, et Jaojoby Eusèbe, qui porteront la parole des natifs de la région limitrophe à Masoala pour l'occasion.

Depuis quelque temps, ce patrimoine mondial se trouve sous les feux des projecteurs, pas trop en bien cependant. Le roi du salegy n'y va pas par quatre chemins. « Les gouvernements successifs ont pratiqué la gabegie. Si le dicton Qui aime bien châtie bien a été appliqué, nous ne serions jamais arrivés là », s'insurge-t-il. Présent lors du lancement, Théo Rakotovao, le leader du groupe Mikea, ajoute une couche en se référant à la forêt des Mikea.

« Tous les programmes environnementaux pratiqués dans ce pays ont été sans résultats. Il faut y intégrer le volet culturel car, par exemple, les jeunes de chez moi ne connaissent rien de ce qu'on entend par environnement à cause des approches trop intellectuelles », explique-t-il.

Une arme efficace

Ce mouvement ressemble plus à un combat culturel, d'après ces points de vue. Razia Saïd, initiatrice de « Mifohaza Masoala », tempère et donne une vision plus posée. « La culture à travers la musique est un moyen plus que jamais avéré pour interpeller les gens, et surtout la masse », met-elle en évidence. Il suffit d'écouter l'album « Zebu Nation » de cette chanteuse sur la question environnementale. Son engagement peut bien être pris au sérieux, loin des doux messages habituels qui ne sont considérés que comme des phénomènes de mode.

Au programme alors, ce sera un concert à Antalaha le 29 septembre avec les deux artistes, Razia Saïd et Jaojoby Eusèbe. « Mifohaza Masoala », c'est une activité de trois jours jusqu'au premier octobre, où l'objectif est surtout de relier Musique et environnement. Plusieurs entités se trouvent partie prenante, comme Madagascar National Parks, les ONG Care et WCS, la fondation Tany Meva et bien d'autres encore.

vendredi 16 septembre 2011

Orpaillage à Ibity: Menace sur l’agriculture et la biodiversité


40 orpailleurs investissent actuellement le mont d’Ibity, alors qu’ils étaient plus de 5 000 en janvier 2011. Malgré la réduction de l’effectif à la suite de la récente ouverture de nouvelles carrières aurifères à Ambero, les dangers occasionnés par l’extraction sont multiples selon le Missouri botanical garden (MBG). Les cours d’eau qui irriguent les zones agricoles aux alentours partent du mont d’Ibity. L’orpaillage y sème pourtant d’innombrables trous. De quoi provoquer d’importantes érosions et l’ensablement des surfaces agricoles et des rizières. Les zones d’extraction tout comme la population ne disposent pas d’eau potable parce que les ordures et les matières fécales des orpailleurs se déversent sur les sources d’eau en bas. Les maladies diarrhéiques et les autres maladies de l’eau sale sont donc à craindre. D’autres problèmes sociaux secouent la zone : les prostituées croissent en nombre et des filles d’Ibity sont attirées par ce nouveau commerce florissant, le coût de la vie aussi augmente, l’insécurité aussi… Les attaques des bandits de grand chemin se multiplient. On en dénombre au moins 2 attaques par mois dans les 3 communes voisines d’Ibity. Des orpailleurs investissent en effet leur fortune dans l’achat de bovidés. L’orpaillage fait également travailler des enfants mineurs.

Outre ces problèmes socioéconomiques, la biodiversité aussi est en danger. Des plantes endémiques d’Ibity sont menacées par l’orpaillage. Le MBG cite le Pentachlaena latifolia, l’Aloe ibityensis, le Tephrosia ibityniensis… Si ces plantes disparaissent, elles seront tout simplement exterminées parce qu’elles n’existent qu’à Ibity. Pour l’heure, l’orpaillage ne touche pas encore la zone protégée d’Ibity. Heureusement ! Mais rien n’est sûr pour l’avenir quand on connaît les expériences d’extractions de pierres précieuses et d’or dans des zones proches d’une aire protégée. Les exploitants n’hésitent pas à investir les surfaces protégées lorsque les filons s’y faufilent. Notons que ces dernières années, le pays assiste à des ruées vers des gisements aurifères. L’explication est simple : le cours de l’or connaît une remontée sans précédent et sur le marché international, l’once est dans les 2 000 dollars, soit près de 130 000 Ar le gramme. C’est l’équivalent du revenu de 2 mois d’une personne vivant en dessous du seuil de la pauvreté. De quoi faire monter la fièvre du métal jaune.

Si l’achat informel d’or et de bijoux en or en plein air a cours à Analakely depuis ces dernières années, il commence à essaimer dans les régions. La RN7 passant devant la gare de Fianarantsoa conduisant au stationnement des taxis-brousse affiche des écriteaux « mividy volamanea eto » ou ici, on achète de l’or. La filière de l’or n’a jamais fait l’objet d’une politique claire et c’est au risque de détruire l’environnement, de faire perdre de l’argent à l’Etat et aux exploitants.