dimanche 31 octobre 2010

Filière riz

Diminition de la production «Les rendements en riz n’ont jamais dépassé 2,1 tonnes/hectare pendant les 30 dernières années, et aujourd’hui malgré des efforts considérables fournis à travers la révolution verte, le pays a perdu sa position d’exportateur de riz et en importe près de 200 000 tonnes par an pour sa consommation ». C’est ce que qu’avance le ministère de l’Agriculture dans sa note conceptuelle.

Etant gros consommateur de riz et disposant de grands terrains disponibles pour la culture de riz, Madagascar n’arrive toujours pas à s’autosuffire en riz. Bien qu’entre la période après l’indépendance, 1960 et 2004, une très légère hausse ait été observée, en raison de 1,7t/ha à 2,4t/ha, l’augmentation très faible de la production ne correspond pas à la croissance démographique de la grande île qui se rapproche de 3,03%. Par conséquent, la production est tombée de 237 kg par an par habitant en 1970 à 179 kg/hab/an en 2004 selon les estimations de la FAO. Pour 1985 et 1999, la production agricole a progressé de 1% en moyenne par an.

Une performance médiocre essentiellement occasionnée par la dégradation de l’environnement, l’utilisation de technologies traditionnelles, la faible utilisation d’intrants agricoles (semences améliorées, engrais, pesticides) et le faible niveau d’équipements.

Notons que 86% des ménages cultivent le riz, couvrant en moyenne 40% des surfaces cultivées et représente 37% des revenus agricoles monétaires. Le revenu agricole moyen qui varie 200 000 Ariary pour le quintille le plus pauvre et 480 000 Ariary pour le plus riche, en fonction du niveau d’éducation, de la surface cultivée et certaines conditions d’ordre infrastructure selon la note.

Par ailleurs, le projet japonais qui touche 21 pays fixe sur l’augmentation de la production du riz en deux fois plus d’ici 2018. A Madagascar, le coût de l’investissement est de 85 000 USD et l’objectif est d’améliorer le niveau de vie par l’accroissement de s récoltes en distribuant des semences améliorées de 45 tonnes pour la région d’Amoron’i Mania.

NIR

Changements climatiques: A l’origine de la raréfaction de l’eau

La perturbation de l’environnement et les changements climatiques sont les principales causes de la raréfaction de l’eau qui guette le pays actuellement. Pas seulement les régions du Sud, car même la région d’Analamanga en a fait l’expérience cette année. De longues files d’attente ont été observées presque devant les bornes fontaines de la capitale due au faible débit. « Le lac de Mandroseza approvisionne les habitants d’Antananarivo. Cependant on assiste à l’extension de la ville. Et plus la ville s’étend, plus les besoins augmentent et plus la capacité de production doit présenter une croissance en parallèle » rapporte un responsable de la Jirama. Pour sa part, le ministère de l’Eau rappelle une collaboration interministérielle. « Bien que le ministère de l’eau soit le premier responsable en la matière, actuellement, face à la dégradation de l’environnement, le dilemme concerne tout autant d’autres disciplines » explique le ministre de l’eau, Nirhy Lanto Andriamahazo.

vendredi 29 octobre 2010

Semences améliorées: Méconnues et peu prisées

En présence des représentants des parties prenantes, notamment, le ministère de l’Agriculture et les bailleurs de fonds, l’atelier de finalisation sur l’«appui à la redynamisation de la filière semencière malgache en vue de la production et de l’utilisation de semences de qualité » s’est tenu hier au Carlton.

Comme le thème l’indique, l’objectif principal est de promouvoir la production et l’utilisation des semences améliorées pour un meilleur rendement en terme de productivité. Et en parallèle, de revoir les textes relatifs à la problématique semencière à Madagascar. Une initiative du ministère de l’Agriculture dans sa lutte contre la pauvreté étant donné les enjeux que le secteur agricole représente. Madagascar où plus de 80% des familles reparties au sein de près de 2,5 millions d’exploitations agricoles vivent au moeyn de l’agriculture. Et ce titre, le secteur contribue 37 du PIB et fournit 40% de produits d’exportation.

Financé par le FAO (395 000 dollars)et ayant débuté au mois de Novembre 2008, le projet touche à sa fin. Mais malgré les efforts entrepris en matière d’utilisation de semences améliorées, seulement 2% des agriculteurs exploitent ces semences sus-mentionnées et 12 % des producteurs n’ont pas accès aux semences améliorées. « La problématique se situe au niveau de la méconnaissance du produit et la dépendance de la pratique traditionnelle que la plupart des producteurs utilisent » explique Rakotoson Philibert, secrétaire général du ministère de l’Agriculture. Viendra s’ajouter à cela, la non accessibilité aux dites semences dues à sa quantité qui n’arrivent pas à couvrir le territoire national car il n’existe que 10 industries qui produisent de semences améliorées et l’utilisation de ces dernières à plusieurs reprises si elles ne doivent être réutilisées que 3 fois tout au plus pour obtenir un rendement meilleur.

Au sein du ministère qui confirme un aboutissement positif du projet vu à l’appui institutionnel, en quoi le projet consiste réellement : application des lois en vigueur, formation des 35 inspecteurs semenciers et des chercheurs et la sortie du catalogue national semencier.

Mais face aux fausses semences, le ministère confirme la prise de responsabilité contre les contrefaçons qui envahissent le marché actuellement. Ces fausses semences qui réduisent le taux de production jusqu’à moins de 50% selon la performance des semences.

NIR

Exposition: La Ville des Mille à travers le temps


Rarihasina accueille, depuis lundi, une exposition de l'Union des Poètes et Écrivains de Madagascar. Un volet est consacré à la Ville des Mille.

Découvrez l'histoire de la ville d'Antananarivo à travers des textes, des photos et la littérature dans cette expo intitulée « Iarivo fahizay, Tanà ankehitriny ». La capitale naquit sous le règne de Andrianjaka (1610), premier roi Merina. À l'époque, elle s'appelait Antaninarivo. Le roi a rassemblé mille hommes, des 50 villages, et a appelé cette première population « Tsimilefa ».

Antaninarivo devient Antaninarivolahy sous Andriamasinavalona. Il a élargi le territoire par la même occasion. Après sept ans de règne à Ambohimanga, Andrianampoinimerina (1740-1810) a détrôné Andrianamboatsimarofy pour avoir la Ville des Mille.

La capitale a changé de nom, encore une fois, sous Radama (1810 – 1828), pour s'appeler « Antananarivo », jusqu'au 6 août 1896. Sous la colonisation, « Antananarivo » devient « Tananarive ». Depuis l'Indépendance, la capitale a retrouvé son nom « Antananarivo ».

Les photos dressent l'évolution de la capitale dans le temps. Les clichés d'antan et d'aujourd'hui sont mis en contraste. Citons le quartier d'Antaninarenina, le tunnel d'Analakely, le lac Anosy, l'avenue de l'Indépendance...

À travers la littérature

La littérature porte aussi l'empreinte de l'histoire de la Ville des Mille. Le charme d'Antananarivo a subjugué les écrivains et les poètes malgaches. Ils laissent également transparaître la peur du progrès incarné par cette capitale en pleine mutation. Certains écrivains l'ont même personnifiée dans leurs récits.

De «Vakivakim-piainana», de Iharilanto Andriamangatiana, à « Ilay vohitry ny nofy » de E.D. Andriamalala, en passant par « Fahavaratra » de Clarisse Ratsifandrihamanana, ou encore « Sikajin'i Dadabe » de Randriamiadanarivo, la capitale a toujours été décrite de manière différente.

L'effervescence des marchés, la richesse de l'architecture, les grandes artères et la circulation, la mendicité et toutes les caractéristiques d'une grande ville en perpétuel mouvement trouvent leur écho dans chaque récit et dans chaque poésie.
Domoina Ratsara

Trafic de bois de rose: Des autorités mises en cause

Un rapport sur le commerce de bois de rose a été lancé à Nagoya, Japon. Il implique de hauts fonctionnaires malgaches.

L'honnêteté de certains hauts fonctionnaires est remise en cause. Environmental investigation agency (EIA) et Global Witness ont procédé au lancement du rapport révélant les dessous du trafic de bois de rose malgache. C'était lors de la 10 e Conférence des parties à la Convention sur la biodiversité biologique à Nagoya, Japon, le 26 octobre 2010. Le rapport indique que la perpétuation du commerce illégal de bois de rose a été facilitée par l'implication de certaines autorités publiques malgaches, et la faiblesse de l'application des lois par le gouvernement de Transition du pays.

D'Est en Ouest

« Nous saluons les dernières indications du gouvernement malgache. Cependant, les expériences passées ont montré que de telles mesures sont souvent sapées par l’octroi d’exonérations exceptionnelles et une mise en œuvre faible », a declaré Reiner Tegtmeyer, de Global Witness. Le nouveau rapport stipule également que l'importation chinoise de bois de rose malgache aurait commencé il y a plus de 600 ans.

Apparemment, certains gros acheteurs sont des entreprises d'Etat. Beaucoup de ceux qui proviennent du secteur privé sont financés, directement ou non, par ce type d'entreprise. La plupart des acheteurs revendent par la suite le bois à des usines de meuble et à des grossistes qui les transforment en produits finis, vendus à des prix exorbitants.

Selon Alexander von Bismarck, de l'EIA, « En Chine, les bois de rose malgaches se vendent à un million de dollars la pièce alors que moins de 0.1% des bénéfices parvient à la population ». Il a ajouté que « la réaction de la Chine sera cruciale pour la biodiversité de Madagascar. Elle a la posssibilité d'aider à l'élimination du commerce de bois illégal et de protéger la biodiversité ».

Des mobiliers en bois de rose malgache sont également vendus sur le marché américain et européen. « Les pièces sont importées de Chine et coûtent très cher. Les revendeurs ciblent comme clients les immigrants et les expatriés chinois ainsi que les passionnés d'artisanat d'Extrême-Orient », évoque le rapport. Il rajoute que « les revendeurs aux États-Unis, mais aussi en Europe, affirment en général ne pas connaître l'origine du bois ».
Judicaëlle Saraléa

Festival mondial des oiseaux: Première célébration nationale à Fenoarivo

Madagascar célébrait pour la première fois le Festival Mondial des Oiseaux, depuis les deux premières éditions en 2003 et 2006. Cette année, la manifestation s’est tenue à Fenoarivo le 23 octobre dernier, sous la direction de l’Asity Madagascar, une association affiliée à Birdlife International.

Pour marquer la journée, les visiteurs ont pu effectuer de nombreuses activités visant essentiellement à sensibiliser et mobiliser la population pour la protection des oiseaux. Plus de 200 personnes, toutes générations confondues, ont ainsi parcouru un circuit d’exploration, une épreuve qui a été remportée haut la main par l’école privée Hasinintsoa.

Par ailleurs, une exposition a été érigée dans l’enceinte de l’EPP Ambohijafy I - Fokontany d’Ambatomilona, animée par des manifestations culturelles (projection de film, vako-drazana…) et divers concours (coloriage, questions réponses…).

Afin de valoriser les talents de l’association Asity, un concours de photos réservé aux membres a également été organisé. Le premier prix fut décerné à une photo de Leptopterus chabet (Pasasatra ou Tsak-tsak) signée Bruno Raveloson (photo ci-dessus).

Les oiseaux ont d’importants impacts sur la vie humaine. Savez-vous que certaines espèces aident les hommes pour lutter contre les maladies telles que la bilharziose, la peste et le choléra ? Notons aussi que les oiseaux jouent un rôle particulier dans le fonctionnement et l’équilibre de la forêt. Alors que les insectivores sont des prédateurs qui aident d’autres espèces à se maintenir en forêt, les frugivores aident à la régénération de la forêt par la dissémination de fruits charnus.

A ce jour, BirdLife International compte une centaine de partenariats dans le monde. En Afrique, le réseau dynamique couvre 22 organisations réparties dans 23 pays, avec 300 employés et 30 000 membres.

Asity Madagascar, quant à elle, intervient dans 3 nouvelles aires protégées à savoir le Complexe Mahavavy-Kinkony, le Complexe Mangoky-Ihotry, Tsitongambarika. Avec Madagascar National Parks, elle est actuellement l’une des bénéficiaires de la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar.

Madagascar et Niger envoient leurs ingénieurs dans la faune

Castanet-le-Haut Dans le cadre de journées d'échanges internationales, deux ingénieurs de l'administration générale de l'environnement et des forêts de Madagascar et du Niger ont été accueillis au cours de leur semaine de stage en France sur le massif du Caroux Espinouse. Organisée par le Cirad, cette journée d'échanges leur a permis de rencontrer Patricia Michel, directrice du Groupement d'intérêt environnemental et cynégétique (GIEC) du Caroux Espinouse. La matinée a été consacrée à la présentation des aménagements réalisés sur le massif par les sociétés de chasse, notamment les cultures faunistiques et les travaux de débroussaillage. Cette visite a donné l'occasion à ces hôtes d'observer la faune présente sur le Caroux Espinouse, en particulier le mouflon méditerranéen. Cette visite
de terrain était un préalable nécessaire à l'exposé présenté l'après-midi à la station ONCFS-GIEC de Fagairolles. Le thème essentiel traitait de la gestion durable des espèces et des milieux mise en place par le Groupement et son expérience acquise depuis 1982. Les ingénieurs, fort intéressés par cette dynamique locale, réfléchissaient déjà aux actions possibles dans leur pays respectif.
Oumarou Dgeef du Niger, Fargeot du Cirad et Udriana Dgeef de Madagascar.

Utiliser de façon durable le prunier d'Afrique (prunus africana).


La préservation de cet arbre forestier est au centre des discussions d’un atelier organisé à Yaoundé.

C’est pour «améliorer le niveau de vie des communautés rurales» que s’est ouvert lundi dernier à Yaoundé un atelier sous le thème «Développement des stratégies pour la conservation et l’utilisation durable de prunus africana». Une plante à plusieurs vertus (chauffage, thérapie traditionnelle…) que beaucoup connaissent dans les villages africains et même à l’international où elle intervient dans la fabrication de médicaments contre la prostate.
Cet atelier qui s’achève ce vendredi 28 octobre a été organisé à la demande du Centre pour la recherche forestière internationale (Cifor), au nom de Bioversity international avec l’ambition de faire la synthèse des résultats des travaux de recherches sur le projet prunus africana. Un programme financé par le gouvernement autrichien dans plusieurs pays africains (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Zimbabwe, Madagascar, Guinée Equatoriale, Afrique du Sud, Nigeria et Cameroun).

Pour Oscar Eyog Matig, responsable de Bioversity international et coordonateur du programme ressource génétique et forestière pour l’Afrique au sud du Sahara, cet arbre planté dans certaines zones du Cameroun (Sud-ouest, Nord-ouest et dans l’Adamaoua) est identifiable désormais dans ces zones de culture et doit être conservé dans un endroit précis d’où il peut être d’un grand secours aux populations. «De même, nous avons étudié la diversité de cet arbre au niveau de chaque pays afin d’en analyser les écorces et les composants chimiques, ce qui nous a permis de constater qu’à certains endroits, la concentration de cet arbre était plus élevé qu’à d’autres, ce qui a orienté notre étude sur l’aspect biochimique pour les industries pharmaceutiques», a-t-il ajouté.

Denis Koulagna, secrétaire général du ministère des Forêts et de la Faune dans son discours d’ouverture a souligné que parmi les produits spéciaux majeurs identifiés au Cameroun «Prunus africana fait l’objet d’une attention spéciale, pas seulement pour sa capacité à générer des revenus pour les populations rurales, mais aussi parce qu’il fait partie d’un commerce international à travers son inclusion dans des espèces en danger».
Un projet dont les résultats sont attendus ici selon M. Koulagna, tant «le fait que nous soyons tous concernés par la diminution de cette ressource dans nos forêts nous met dans le besoin d’avoir des données scientifiques pour développer les stratégies fortes pour la gestion durable de cette espèce (mieux), ces résultats seront utiles pour améliorer la régénération, mais aussi pour promouvoir de meilleures pratiques de récolte».
En effet, compte tenu de la disparition de cette espèce dans nos forêts, «le gouvernement a interdit son exploitation et son exportation à l’étranger par les paysans. Ce qui explique la misère qui sévit auprès de ces communautés qui vivaient de la vente des écorces de cet arbre pour subvenir à leurs besoins», a-t-on appris du coordonateur de Bioversity international. Qui a fait savoir que cet atelier devait servir à «lever cette interdiction en mettant sur le plan national des conditions à remplir pour améliorer la gestion de cet arbre à savoir la traçabilité de la provenance de son écorce, la durabilité de celle-ci».


















Carine Marthe Guiliyack (stagiaire)

jeudi 28 octobre 2010

Les plus grandes toiles d'araignées du monde dans le parc national d'Andasibe-Mantadia.


Une équipe de scientifiques de l'université de Puerto Rico a découvert des toiles d'araignée tissées par Caerostris darwini pouvant atteindre plusieurs mètres de large, dans le parc national d'Andasibe-Mantadia.

"Les rangers du parc connaissaient ces toiles d'araignée, et je pense qu'ils les montraient aux touristes depuis longtemps" explique le zoologue Ingi Agnarsson. L'espèce tissant ces gigantesques toiles, baptisée Caerostris darwini, était pourtant inconnue de la communauté scientifique jusqu'à ce que l'homme et ses collègues de l'université de Puerto Rico ne la décrivent officiellement.

D'autres espèces grégaires, comme les araignées sociales tropicales, bâtissent elles-aussi d'immenses toiles communes mais les chercheurs ont découvert à Madagascar des structures de soie possédant des lignes d'ancrage (fils stabilisant la structure centrale de la toile d'araignée) de 25 mètres de long, faisant de C. darwini l'araignée solitaire tissant les plus grandes toiles du monde. Plusieurs douzaines d'insectes peuvent se retrouver pris au piège de ces gigantesques pièges, bâtis par les femelles et les jeunes mâles, dont le corps ne dépasse pourtant pas les deux centimètres. Les mâles adultes ne tissent plus, et se concentrent entièrement à la reproduction et la quête de partenaires sexuels.

mercredi 27 octobre 2010

CP10 à Nagoya: COMMUNIQUE DE PRESSE du 26 Octobre 2010.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le commerce du bois illégal mis à nu : le marché du luxe attise la destruction
des forêts malgaches, révèle un nouveau rapport
Interdiction de publication jusqu’à 18 heures, heure de Tokyo/Nagoya, le 26 octobre 2010

L’appétit des consommateurs pour le mobilier et les instruments de musique en bois de
rose onéreux est le principal moteur du commerce du bois illégal, activité dévastatrice sur le plan
écologique, d’après un rapport publié aujourd’hui par l’Environmental Investigation Agency (EIA) et
Global Witness. Le rapport, lancé à l’occasion de la 10ème Conférence des parties à la Convention sur la
diversité biologique (CBD) à Nagoya, indique combien la perpétuation de ce commerce a été facilitée
par la complicité de certains pouvoirs publics malgaches et la faiblesse de l’application des lois par le
gouvernement de transition du pays.
« Les richesses naturelles de Madagascar sont exploitées à outrance afin de servir un réseau bien établi
d’acheteurs internationaux », a déclaré Reiner Tegtmeyer de Global Witness. « C’est en octobre de
l’année dernière que nous avons exposé la gravité de ce problème pour la première fois, mais ce pillage
ne semble aucunement se ralentir. »
Depuis juin 2009, Global Witness et l’EIA sont chargées par Madagascar National Parks (MNP)
d’enquêter sur la récolte et le commerce illégaux de l’ébène, du palissandre et du bois de rose, en forte
augmentation depuis le coup d’État à Madagascar. Le nouveau rapport indique que la vaste majorité de
ce bois est destinée au marché chinois du mobilier de luxe, de petites quantités étant exportées vers
l’Europe et les États‐Unis pour la fabrication d’instruments de musique.
« En Chine, les lits en bois de rose malgache se vendent un million de dollars la pièce alors que moins de
0,1 % des bénéfices parvient à la population locale », a précisé Alexander von Bismarck de l’EIA, notant
que les enquêtes du groupe ont révélé que les négociants chinois avaient dans bien des cas conscience
du fait que le bois qu’ils achetaient était illégal et menacé d’extinction. « Ces consommateurs
pourraient‐ils dormir sur leurs deux oreilles s’ils savaient toute la vérité sur leur lit ? »
Un décret promulgué début 2010 par le ministre malgache des Forêts a remis en vigueur une
interdiction visant l’exportation de tous les bois précieux. Cependant, le rapport indique que, depuis, de
nouvelles expéditions de bois ont quitté les ports malgaches, tandis que, dans les parcs, l’abattage se
poursuit. En juillet dernier, l’UNESCO a placé les forêts humides de l’Atsinanana, le site le plus touché
par l’abattage illégal, sur sa Liste du patrimoine mondial en péril. L’UNESCO a également demandé
instamment à Madagascar de « prendre toutes les mesures d'urgence nécessaires afin de faire appliquer
le décret et de mettre un terme à toutes coupes illégales ».
La décision de l’UNESCO a par ailleurs encouragé des pays à « agir pour que le bois illégal provenant de
Madagascar demeure interdit et qu’il ne puisse pas avoir accès à leurs marchés nationaux ». Ces propos
faisaient écho à une Décision adoptée par la CBD en 2008 qui a exhorté les Parties à « prendre des
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mesures législatives et non législatives efficaces pour prévenir l’exploitation des ressources et produits
forestiers en violation des lois nationales ».
Entretemps, à Madagascar, l’adoption de nouvelles mesures juridiques et d’application de la lois semble
indiquer un véritable engagement du ministère des Forêts de s’engager à réduire la récolte et
l’exportation de bois précieux. Madagascar a été formellement priée de faire contrôler ses activités
commerciales par l’intermédiaire de la Convention sur le commerce international des espèces de faune
et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
« Nous saluons les dernières indications du gouvernement malgache », a déclaré Reiner Tegtmeyer.
« Cependant, les expériences passées ont montré que de telles mesures sont souvent sapées par l’octroi
des exonérations exceptionnelles et une mise en oeuvre faible. Pour combler les lacunes, les
gouvernements de tous les pays consommateurs de bois se doivent de suivre l’exemple des États‐Unis
et de prendre des mesures répressives à l’égard de l’importation du bois illégal. »
A l’issue du premier rapport conjoint publié par l’EIA et Global Witness, les autorités américaines ont
ouvert une enquête en vertu de le Loi Lacey modifié, qui interdit aux entreprises de commercialiser du
bois d'origine illégale. Cette démarche, associée à une large campagne de sensibilisation menée par des
groupes de la société civile et des scientifiques alarmés par la situation, s’est traduite par la quasidisparition
de la demande de bois de rose malgache aux États‐Unis et en Europe.
Les deux organisations ont également demandé à la Chine de prendre sur‐le‐champ des mesures pour
stopper les importations de bois de Madagascar et lancer l’adoption de politiques plus strictes
s’appliquant à ses propres entreprises et négociants.
« La réaction de la Chine à ces conclusions sera cruciale pour la biodiversité de Madagascar. La Chine a
une grande opportunité d’aider à l’élimination du commerce de bois illégal et de protéger la
biodiversité », a conclu Alexander von Bismarck.
Remarques :
Le rapport entier « Rapport d'enquête sur le commerce mondial des bois précieux malgaches:
bois de rose, d'ébène et palissandre » est disponible en versions anglaise et française à
www.eia‐global.org et www.golbalwitness.org.
Le rapport publié en 2009 par l’EIA et Global Witness, intitulé « Enquête sur l’exploitation, le
transport et l’exportation illicite de bois précieux dans la Région Sava à Madagascar », renseigne
en détail sur la crise de l’abattage illégal. Le rapport peut être consulté à :
http://eia‐global.org/forests_for_the_world/forests_for_the_world_reports.html
Le taux annuel de perte de forêts primaires à Madagascar est de ‐0,65 %, soit trois fois plus
élevé qu’en Indonésie, d’après les statistiques de la FAO.
Pour plus d'informations sur la decision de l'UNESCO à inscrire les forêts humides d'Atsinanana
sur la Liste de patrimoine mondial en peril voir http://whc.unesco.org/fr/sessions/34COM/
« Illegal Logging and Related Trade: Indicators of Global Response » (comprend l’impact estimé
d’une baisse des émissions) : http://www.chathamhouse.org.uk/publications/papers/view/‐
/id/911/
L’EIA, une ONG basée au Royaume‐Uni et aux États‐Unis spécialisée dans la dénonciation des
crimes et abus environnementaux, a enquêté sur le commerce du bois illégal et la déforestation
depuis plus d’une décennie.
Global Witness réalise des investigations et mène des campagnes pour empêcher les conflits et
la corruption liés aux ressources naturelles et les atteintes environnementales et aux droits de
l’homme qui y sont associées.

Rapport d'enquête complet
sur le
commerce mondial des bois
précieux malgaches :
bois de rose, ébène et palissandre

Rencontre sur la Diversité biologique de Nagoya: Le commerce de bois illégal, mis à nu

Le marché du luxe attise la destruction des forêts malgaches, révèle un nouveau rapport présenté lors de la 10è Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (CBD) à Nagoya au Japon. L’appétit des consommateurs pour le mobilier et les instruments de musique en bois de rose onéreux est le principal moteur du commerce du bois illégal, activité dévastatrice sur le plan écologique, d’après un rapport publié par l’Environmental Investigation Agency (EIA) et Global Witness. Le rapport indique combien la perpétuation de ce commerce a été facilitée par la complicité de certains pouvoirs publics malgaches et la faiblesse de l’application des lois par le gouvernement de transition du pays.

« Les richesses naturelles de Madagascar sont exploitées à outrance afin de servir un réseau bien établi d’acheteurs internationaux », a déclaré Reiner Tegtmeyer de Global Witness. « C’est en octobre de l’année dernière que nous avons exposé la gravité de ce problème pour la première fois, mais ce pillage ne semble aucunement se ralentir ».

Depuis juin 2009, Global Witness et l’EIA sont chargées par Madagascar National Parks (MNP) d’enquêter sur la récolte et le commerce illégaux de l’ébène, du palissandre et du bois de rose, en forte augmentation depuis le coup d’État à Madagascar. Le nouveau rapport indique que la vaste majorité de ce bois est destinée au marché chinois du mobilier de luxe, de petites quantités étant exportées vers l’Europe et les États-Unis pour la fabrication d’instruments de musique.

Un lit en bois de rose vaut un million de dollars

« En Chine, les lits en bois de rose malgache se vendent un million de dollars la pièce alors que moins de 0,1 % des bénéfices parvient à la population locale », a précisé Alexander von Bismarck de l’EIA, notant que les enquêtes du groupe ont révélé que les négociants chinois avaient dans bien des cas conscience du fait que le bois qu’ils achetaient était illégal et menacé d’extinction. « Ces consommateurs pourraient-ils dormir sur leurs deux oreilles s’ils savaient toute la vérité sur leur lit ? »

Un décret promulgué début 2010 par le ministre malgache des Forêts a remis en vigueur une interdiction visant l’exportation de tous les bois précieux. Cependant, le rapport indique que, depuis, de nouvelles expéditions de bois ont quitté les ports malgaches, tandis que, dans les parcs, l’abattage se poursuit. En juillet dernier, l’UNESCO a placé les forêts humides de l’Atsinanana, le site le plus touché par l’abattage illégal, sur sa liste du patrimoine mondial en péril. L’UNESCO a également demandé instamment à Madagascar de « prendre toutes les mesures d’urgence nécessaires afin de faire appliquer le décret et de mettre un terme à toutes coupes illégales ».

La décision de l’UNESCO a par ailleurs encouragé des pays à « agir pour que le bois illégal provenant de Madagascar demeure interdit et qu’il ne puisse pas avoir accès à leurs marchés nationaux ». Ces propos faisaient écho à une décision adoptée par la CBD en 2008 qui a exhorté les parties à « prendre des mesures législatives et non législatives efficaces pour prévenir l’exploitation des ressources et produits forestiers en violation des lois nationales ».

Entretemps, à Madagascar, l’adoption de nouvelles mesures juridiques et d’application de la lois semble indiquer un véritable engagement du ministère des Forêts de s’engager à réduire la récolte et l’exportation de bois précieux. Madagascar a été formellement priée de faire contrôler ses activités commerciales par l’intermédiaire de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

« Nous saluons les dernières indications du gouvernement malgache », a déclaré Reiner Tegtmeyer. « Cependant, les expériences passées ont montré que de telles mesures sont souvent sapées par l’octroi des exonérations exceptionnelles et une mise en œuvre faible. Pour combler les lacunes, les gouvernements de tous les pays consommateurs de bois se doivent de suivre l’exemple des États-Unis et de prendre des mesures répressives à l’égard de l’importation du bois illégal ».

À l’issue du premier rapport conjoint publié par l’EIA et Global Witness, les autorités américaines ont ouvert une enquête en vertu de la Loi Lacey modifiée, qui interdit aux entreprises de commercialiser du bois d’origine illégale. Cette démarche, associée à une large campagne de sensibilisation menée par des groupes de la société civile et des scientifiques alarmés par la situation, s’est traduite par la quasi-disparition de la demande de bois de rose malgache aux États-Unis et en Europe.

Les deux organisations ont également demandé à la Chine de prendre sur-le-champ des mesures pour stopper les importations de bois de Madagascar et lancer l’adoption de politiques plus strictes s’appliquant à ses propres entreprises et négociants.

« La réaction de la Chine à ces conclusions sera cruciale pour la biodiversité de Madagascar. La Chine a une grande opportunité d’aider à l’élimination du commerce de bois illégal et de protéger la biodiversité », a conclu Alexander von Bismarck.

Recueilli par Valis (source ; www.eia-global.org et www.golbalwitness.org)

Gestion des pesticides: Identification d’une stratégie nationale

Dans le cadre de la mise en œuvre de la convention de Rotterdam relative à la gestion des produits chimiques, les parties prenantes impliquant divers secteurs d’activités se réunissent depuis hier à l’hôtel Ibis Ankorondrano. Et ce, afin d’identifier les éléments d’un plan d’action ou d’une stratégie nationale à l’issue des présentations de chaque partie se rapportant sur la gestion des produits chimiques sur le territoire, sur l’état de la mise en œuvre de ladite convention et les principaux problèmes rencontrés.

Ensuite, les 20 participants se répartissent en groupes pour réfléchir sur les dispositifs à prendre à partir desquels un plan d’action national et sous-régional sera établi en matière de gestion des produits chimiques. Ils auront également une meilleure compréhension de chaque élément de la convention et la manière dont ils pourront être intégrés aux activités de gestion des produits chimiques en cours dans un pays. Ce sera aussi une occasion d’aider les pays, entre autres, comment intégrer les travaux de la convention aux activités régionales et mondiales pertinentes telles que les conventions de Stockholm et de Bâle ou l’approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques (SAICM).

Noro Niaina

Lutte contre la pollution marine

L’atelier régional sur la lutte contre la pollution maritime dans l’ouest de l’océan Indien s’est déroulé hier à l’île Maurice. Cet atelier s’inscrit dans le cadre des activités du projet de développement des voies maritimes et de prévention de la pollution côtière et marine pour l’Ouest de l’océan Indien (WIOMPH), financé par le Fonds pour l’environnement mondial (Gef/Fem) au travers de la Banque mondiale.

Quatre représentants de haut niveau de chacun des neufs pays participants (Afrique du Sud, Comores, France/ La Réunion, Kenya, Madagascar, Maurice, Mozambique, Seychelles et Tanzanie) participeront aux travaux de cet atelier.

L’atelier aura pour but la finalisation, la discussion et le choix du pays hôte pour le Centre de coordination régionale (CCR) et l’adoption d’une feuille de route pour sa mise en place, l’élaboration et l’adoption d’un plan régional de lutte contre les déversements des hydrocarbures et la signature d’une convention de coopération et d’assistance entre les neufs pays bénéficiaires du projet par rapport aux déversements des hydrocarbures.

L’atelier discutera du rôle que le CCR pourrait jouer dans la gestion et la maintenance de la composante « autoroute maritime » dont la mise en œuvre est assurée par l’Autorité de sûreté maritime de l’Afrique du Sud (Samsa). Le plan régional de lutte identifiera les institutions responsables de la gestion des crises lors d’un déversement d’hydrocarbures.

Ranaivo Lala Honoré

Trafic de bois de rose : 52 millions de dollars de perte pour l'Etat


Le trafic de bois de rose durant l'année 2009 a engendré une perte de 52 millions de dollars de devises pour l'Etat. Cette information a été révélée lors d'une présentation faite par la délégation malgache, hier, lors de la 10è Conférence des parties sur la biodiversité (COP10) à Nagoya au Japon.


La délégation malgache fait partie des 15.000 participants à la COP 10 qui s'associe aux 192 autres pays et ses organismes partenaires pour réfléchir sur la stratégie globale de la conservation de la biodiversité pour les dix années à venir (2011-2020). Une heure a été dédiée à la présentation des réalités sur le trafic de bois de rose à Madagascar, un sujet qui a attiré l'attention des associations et organismes oeuvrant pour l'environnement et la conservation de la biodiversité à travers le monde surtout pendant la crise politique de 2009.

Le trafic de bois de rose a terni l'image de Madagascar, en tant que pays très réputé par ses richesses endémiques en biodiversité. L'exploitation illégale a causé des pertes considérables estimées à 52 millions de dollars de devises dont 9 milliards d'ariary devraient être versés à la caisse de l'Etat. Officieusement, plus de 35.000 tonnes de bois de rose ont été exportées en 2009, soit une valeur estimée à un montant de 220 millions de dollars, et dont 40 milliards devraient revenir à l'Etat. Les régions Nord-Est et Est de l'île ont été les plus touchées par l'exploitation illicite qui a affecté les parcs nationaux de Masoala, Marojejy et Mananara-Nord, trois sites classés patrimoine mondial de l'Unesco.

Stratégie globale

Pour l'assistance, il s'agit d'une révélation qui montre à quel point le trafic de bois de rose existe depuis des années et nuit à l'image du pays. A l'issue de cette présentation, les participants à la conférence ont pris conscience du danger que représente l'exploitation abusive des ressources forestières. Pour le pays, l'objectif est de se rallier aux autres pays dans le renforcement des interventions sur la conservation de la biodiversité. Parmi les nouvelles stratégies à adopter figure l'élaboration d'une stratégie globale pour les parties membres et signataires de la convention sur la diversité biologique (CDB) en vue de valoriser les ressources naturelles, garant du développement humain, pour les dix années à venir (2011-2020).

L'adoption d'un nouveau protocole à l'issue de cette conférence, permettra de faciliter l'accès et de partager les bénéfices au service d'une nouvelle vision de la biodiversité. Les recommandations seront, par la suite, soumises à la rencontre de haut niveau des 130 chefs d'Etat et ministres de l'Environnement.

Noro Niaina

27/10/2010

mardi 26 octobre 2010

Environnement: Colloque international à Ankatso

Un colloque international organisé par l’ESSA, l’IRD et le FOFIFA s’est ouvert hier, au grand amphithéâtre de l’Ecole supérieure des Sciences agronomiques d’Ankatso. A l’occasion, les communicants ont montré l’importance de ce colloque pour l’environnement en général et pour le pays en particulier. Et le vice-président de l’université en a profité pour annoncer la mise en place prochaine d’un centre de recherche pluridisciplinaire.

Une présentation du fondement du colloque a été effectuée par les chercheurs venant du CNRS et de l’Agro Paris Tech de Paris ainsi que de l’IRD Orléans. Le directeur général du FOFIFA a ensuite exposé les difficultés rencontrées par les chercheurs à Madagascar en matière d’environnement. L’après-midi trois thématiques ont été abordées. La première a concerné la représentation scientifique de la nature et la conservation de la biodiversité à Madagascar. Les auteurs (issus de l’IRD et de l’IHEID (institut des hautes études internationales et du développement) ont montré qu’à Madagascar, les biologistes de la conservation, dont le discours et l’idéologie dominent la scène publique, jouent un rôle déterminant dans la mise en agenda des politiques de conservation. Pourtant selon les expériences des auteurs la représentation des forêts par les biologistes et les acteurs de la conservation est fortement imprégnée par un idéal prédéfini, celui de la nature sauvage, ou naturalité.

Considérant les limites de cette représentation, des modes de gestion qu’elle préconise (aires protégées et corridors), et des concepts scientifiques sur lesquels elle s’appuie (théorie de la biogéographie insulaire et métapopulation), les auteurs recommandent le dialogue actif et opérationnel avec les scientifiques dont les représentations de la nature incluent l’homme aux socio écosystèmes.

Le second thème a traité de l’économie politique internationale de la conservation à Madagascar. L’auteur qui est un chercheur de l’IRD et qui a travaillé pendant longtemps à Madagascar a montré l’évolution de la politique environnementale à Madagascar depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui. Il a cherché à montrer l’influence des normes internationales sur l’évolution de cette politique, en insistant sur le rôle croissant des acteurs non gouvernementaux tels que les ONG de conservation. L’auteur a spécifié que dans un premier temps (1990-2003), la politique environnementale a été menée dans le cadre d’un plan national d’action environnementale traduisant le poids d’acteurs étatiques. Madagascar pouvait alors être considérée comme un pays pionnier dans la mise en œuvre de cette planification. Mais depuis 2003, les orientations de la politique environnementale sont davantage le résultat d’influences des réseaux internationaux (ONG, scientifiques, FMN…) qui se traduisent notamment par la promotion des paiements pour services environnementaux.

Le troisième thème a eu pour sujet le foncier. L’accès coutumier aux ressources environnementales du territoire : défendre l’indéfendable ? Les auteurs issus du département de Droit de la faculté DEGS d’ Antananarivo ont montré qu’une réforme foncière importante a été promulguée à Madagascar à partir de 2005. Elle a visé à supprimer la présomption de domanialité publique pour celle de domanialité privée. Des structures ont été mises en place pour favoriser l’accession à la terre. Cette réforme n’a, cependant, pas été sans conséquence sur l’accès à la terre des ayants droit coutumiers. Des ambiguïtés ont subsisté, notamment l’absence des structures permettant de faciliter l’accession à la terre dans plusieurs régions de Madagascar, le coût énorme des moyens satellites requis, le devenir des droits acquis sous l’égide de la présomption de domanialité comme dans le cas de la loi dite Gestion locale sécurisée (GELOSE), la préservation des droits des propriétaires coutumiers lors des négociations sur la création des aires protégées et « l’accaparement » des terres par les investisseurs étrangers.

Les auteurs ont assuré qu’un développement durable nécessite la mise en place de mécanismes de reconnaissance des droits sur la terre et les ressources des propriétaires coutumiers. Les auteurs recommandent en outre qu’une collaboration fondée sur un respect mutuel entre l’Etat et les propriétaires et utilisateurs coutumiers doit être effective pour assurer une meilleure gestion des ressources environnementales.

Cette rencontre réunissant des spécialistes continue ce jour avec bien plus de cas sur Madagascar, notamment avec les présentations suivantes : « L’écologie politique et la question environnementale malgache», «La modélisation environnementale, un outil du politique», «Une mer à boire. L'influence sud-africaine à Madagascar», «Gouvernance et politique de la nature à Madagascar», «L’environnement, pour le développement ? Une analyse de la REDD à Madagascar ».

Et cette discussion entre plusieurs personnes sur le thème de l’Environnement sera clôturée par une série de présentation d’acteurs nationaux qui donneront leur vision des choses sur les projets de conservation-développement à Madagascar, notamment l’observatoire de l’Environnement et du Secteur forestier et l’observatoire national de l’Intégrité, le programme développement local et environnement de l’Union européenne et le Madagascar National Parks. Bref, un colloque qui, à défaut d’être à la portée du grand public, n’en promet pas moins d’améliorer la gestion de la protection de la nature à Madagascar.

Recueillis par

Saraléa Bernard.

Youssef Courbage « La démographie de Madagascar décroît »


Le directeur de l'Institut national de démographie de Paris donne ce jour au Centre culturel Albert Camus une conférence sur les contraintes et les potentiels de la dynamique démographique à Madagascar. Il nous donne un aperçu de ses analyses.

• Pensez-vous que Madagascar est surpeuplé, ou sous-peuplé, avec ses 20 millions d'habitants ?

Il y a effet près de 20 millions de Malgaches. Mais l'Île est étendue, et certaines personnes peuvent être tentées de dire que les Malgaches doivent encore se multiplier pour pouvoir occuper les espaces vides. C'est une analyse appelée populationniste ou pro-nataliste, laquelle encourage les gens à avoir beaucoup d'enfants en espérant des retombées économiques. Mais il y a une autre optique tout à fait à l'opposé, dénommée maltusienne. Cette dernière analyse estime que la démographie de Madagascar s'accroît trop vite car le taux de croissance se rapproche des 3% par an. C'est beaucoup par rapport à d'autres pays en voie de développement que je connais.

• D'où tirez-vous les statistiques pour Madagascar ?

Le dernier document, que j'utilise d'ailleurs pour ma présentation de demain (ndlr : aujourd'hui), est une enquête de démographie et santé effectuée en 2008-2009. Elle donne des informations intéressantes non seulement sur la démographie mais aussi sur la santé familiale et infantile, ou sur les violences conjugales. C'est un document facile d'accès car consultable sur Internet.

• Est-ce une croissance atypique par rapport à celle d'autres pays ?

En effet, c'est peut-être une croissance atypique. Car vous avez un décalage entre un niveau d'alphabétisation relativement bon et une fécondité élevée. Quand on pose la question : « quel est le nombre idéal d'enfants qu'une famille devrait avoir ? », la moyenne de cet idéal est relativement élevée pour Madagascar, car elle est de 4,7 alors que dans un pays comme le Maroc, elle n'est que de 1,8, et pour la Turquie de 1,6. Il existe une grande différence psychologique entre ces pays en voie de développement.

• Estimez-vous qu'à ce rythme, Madagascar rencontrera une explosion démographique ?

Sans être un spécialiste de Madagascar ni de la démographie, j'ai été effectivement amené à me demander comme la population malgache évoluera dans les 40 prochaines années. J'ai inventé des scénarios démographiques. Et contrairement à beaucoup de gens qui sont assez pessimistes, mon scénario montre qu'il existe beaucoup plus de raisons incitant à l'optimisme qu'au pessimisme.

• C'est-à-dire qu'il y aura un ralentissement de cette croissance...

Nous remarquons que la fecondité des femmes est très liée à leur niveau d'instruction. Les mieux éduquées font moins d'enfants, et ce sont les analphabètes qui en font le plus. Et la différence semble assez sensible car l'année où cette enquête a été realisée, par exemple une femme analphabète avait en moyenne 6,5 enfants, c'est qui est beaucoup. Une femme ayant fait l'école primaire avait en moyenne 5,4 enfants, et celle ayant fréqeunté l'enseignement secondaire ou supérieur était mère de trois enfants. Il existe depuis les dix dernières années une dynamique très forte de scolarisation à Madagascar. Des jeunes générations de plus en plus instruites remplacent les vieilles générations, généralement analphabètes. Or, quand le niveau d'éducation augmente, la natalité diminue de façon mécanique. C'est ce qui est en train de se passer en ce moment. Madagascar se trouve dans une phase de transition démographique.

• Quelle sera donc la situation dans quarante ans, selon votre scénario ?

La tendance observée actuellement va s'accélerer dans les prochaines années. L'indice de fécondité, c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants qu'une femme met au monde, qui est très élevé avec 4,7 enfants, va beaucoup diminuer et de manière très régulière pour arriver à 2,4 enfants dans quarante ans. En 2050, la fécondité à Madagascar se rapprochera de ce qu'il faut pour que la génération se renouvelle. Quand on pense que la France se retrouve aujourd'hui avec un indice de fécondité de 2,02.

• Y a-t-il un nombre d'habitants idéal par rapport à la superficie d'un pays comme Madagascar ?

Il est difficile de définir un nombre idéal de population. Des pays comme Hong Kong, le Vatican, ou Singapour ont une densité de la population très élevée mais dont le niveau de vie est excellent. D'un autre côté, les pays comme l'Egypte et l'Indonésie ont une densité de population très élevée et un niveau de vie bas. On ne peut pas généraliser, il n'y a pas de règles générales. Une population doit augmenter, mais il faut que cet accroissement suive un rythme soutenable, pas trop élevé par rapport à l'augmentation des ressources.

• Des analyses plus économiques soutiennent qu'un nombre de population élevé équivaut à un plus grand marché, permettant de créer une dynamique au niveau des entreprises et des industries. Qu'en pensez-vous ?

C'est une question intéressante mais difficile à repondre. Le marché, c'est très bien car il en faut. L'Amérique apparaît comme un marché de 350 millions d'habitants, la Chine et l'Inde dépassent chacune le milliard d'habitants. Effectivement, tout porterait à croire qu'il faut une population plus nombreuse pour créer la possibilité d'industrie. Mais il faut rester réaliste car les 20 millions de Malgaches d'aujourd'hui n'atteindront jamais le demi-milliard. Par contre, vous avez le marché commun avec l'Afrique australe, et l'océan Indien. Madagascar a toute la possibilité de trouver ce marché très large, mais avec une croissance démographique moins importante.

• Justement, pouvez-vous développer l'intérêt de cette croissance démographique faible ?

Madagascar a tout intérêt à réduire son taux de croissance démographique et c'est d'ailleurs ce qui va se passer. Cette baisse de la natalité due à la hausse du niveau d'instruction va se répercuter bénefiquement sur la croissance économique et sociale. Les femmes, qui sont concernées par l'amélioration du niveau d'instruction, deviennent de plus en plus conscientes de l'avantage d'une famille à taille réduite. Elles vont aspirer à avoir de moins en moins d'enfants. Par ailleurs, la réduction du taux de croissance démographique fera baisser les investissements sociaux que l'État et la société civile devront faire, au profit des investissements économiques lesquels serviront à accroître la production.

• Avec la limitation de naissance, n'existe-t-il pas un risque qu'il y ait un grand déséquilibre entre le nombre d'hommes et de femmes, d'ici quarante ans ?

Le seul cas de figure où il naît plus d'hommes que de femmes a lieu en Chine et en Inde. On y a beaucoup réduit la natalité et l'on y préfère avoir un garçon plutôt qu'une fille. Dans ces pays, une femme peut être tentée d'avorter si elle prend connaissance que le foetus est de sexe féminin. C'est pour avoir la chance d'avoir un garçon après. Ensuite, la parité homme-femme dans le pyramide des âges à Madagascar est parfaitement équilibré. Il y a très peu de risque qu'il y ait plus d'hommes que de femmes dans le pays.

• Beaucoup de pays développés rencontrent aujourd'hui le problème du vieillissement de leur population. Madagascar ne risque-t-il pas de rencontrer ce phénomène plus tard ?

Madagascar ne devrait pas avoir ce genre d'inquiétude. La population malgache compte aujourd'hui seulement 3% de personnes âgées de plus de 65 ans. Ce chiffre passera à 6% dans 40 ans. Madagascar est très loin du vieillissement européen.

• À quelle étape de cette transition démographique se trouve actuellement la populaiton malgache ?

Madagascar a aujourd'hui déjà accompli les 20% de l'étape initiale de cette transition. La courbe de l'indice de fécondité est déjà en train de baisser fortement. Les 80% restantes vont donc se dérouler dans les 40 années à venir. Madagascar a donc réalisé 20% de sa transition démographique pendant 40 ans, et il y aura une très forte accélération dans les autres 40 prochaines années.

Internationalisation de l’environnement – Madagascar dans la confusion


L’environnement est devenu un enjeu international soutenu par les différentes conventions signées et ratifiées par plusieurs pays. Reste à savoir quels sont les impacts de ces discours internationaux sur l’environnement dans les pays comme Madagascar. Des chercheurs ont voulu mener une étude à ce propos. Aussi, depuis 2008, en partenariat avec l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement), le département des Eaux et Forêts de l’Ecole supérieure des Sciences Agronomiques (ESSA) a initié un projet de recherche relative à l’influence géopolitique sur l’environnement à Madagascar. Mais après un atelier pour l’évaluer à Orléans en décembre 2009. Ses initiateurs ont finalement décidé de se fixer sur la thématique « Internationalisation de l’Environnement : Normes, acteurs, territoires à Madagascar. » L’objectif final étant de publier un document de synthèse et d’analyse que les décideurs, les experts et les scientifiques pourront utiliser ultérieurement dans l’élaboration d’une politique publique de l’environnement.

Caisse de résonnance

Cette recherche inclut une analyse comportementale des acteurs. Dans ce volet a été constatée la rationalité sociale des Malagasy, une logique typique des pays d’Afrique. Le Professeur Bruno Ramamonjisoa, chef de département des Eaux et Forêts à l’ESSA explique : « Nos gestes et devoirs sont dictés et influencés par notre société. Et pour obtenir la reconnaissance de cette dernière, il faut user d’une compétence que celle-ci ne domine pas encore.» Le plus souvent, l’outil utilisé pour conquérir le cœur des Malagasy se résume à la maîtrise de la communication et de la bonne parole. « Voilà pourquoi les politiques publiques visant à améliorer une situation ne fonctionne toujours pas comme on le souhaite », ajoute-t-il. Selon lui, les experts malagasy en charge de l’exécution de ces différentes conventions agissent comme « une caisse de résonance qui ne font que répéter et promouvoir les nouvelles politiques étrangères sans pour autant approfondir le contexte local et national, les histoires et les enjeux. » Aussi, il est plus que primordial aujourd’hui que les Malagasy aient une totale connaissance sur les décisions leur concernant.

Colloque international

C’est entre autres l’objectif du colloque international qu’ils organisent du 25 au 26 octobre à l’ESSA Ankatso. « Derrière chaque discours, il y a un choix politique à faire. Il faut donc ouvrir le public à la compréhension de tous ces positionnements internationaux afin de leur permettre de faire des réflexions et d’agir en conséquence », dit Hervé Rakoto Ramiarantsoa, un autre enseignant chercheur à l’IRD, coordinateur du projet au côté de Bruno Ramamonjisoa. C’est donc le second colloque organisé depuis le dernier qui remonte à 2008. Par ailleurs, ce type de rencontre permet également aux initiateurs du projet de recueillir des feed-back de l’assistance pour améliorer le document final à publier.

Le colloque a fait salle comble durant la première journée. Etudiants, chercheurs aussi bien nationaux qu’internationaux composaient l’assistance. Doctorante en sciences forestières à l’université AgroPariTech en France, Fanny Rives est parmi le public. « Outre le Niger et le Mali, Madagascar est également mon terrain d’études. Je travaille dans le cadre d’un projet sur le transfert de gestion des ressources naturelles. C’est pour cela que je m’intéresse à ce genre de colloque à partir duquel je pourrais améliorer mes recherches.»
L’événement est marqué par onze conférences allant du thème plus global comme aux plus spécifiques, scientifiques et techniques.

26-10-2010| Écrit par R.B

lundi 25 octobre 2010

Les étudiants de l'IFFCAM seront en force


Un arbre s'écroule dans un grand fracas de branches écrasées. Telles sont les superbes images tournées en contre-plongée qui vont ouvrir le 26 e festival international du film ornithologique, le mercredi 27 octobre à 16 h. Il s'agit du début du film « Demain c'est loin », tourné en 2009 à Madagascar par une poignée de jeunes réalisateurs, Florian Bernier, Cyril Barnier, Lise Delahaut, Sarah Delben, Samuel Guitton, Mathieu Le Lay et Samuel Toutain, sous l'égide de l'association des amis et anciens élèves de l'IFFCAM (l'Institut francophone de formation au cinéma animalier).
Leur propos interpellera d'emblée les premiers spectateurs du festival. Ce film, au caractère ethnologique très marqué, mettra en lumière la disparition inexorable de la forêt primaire dans un des pays les plus pauvres du monde, où le bois est un élément indispensable pour vivre avec rien, en situation de débrouille permanente.
De cette équipe de globe-trotters, Florian Bernier devrait être le seul à assister à cette projection qui va marquer l'histoire du festival. Les autres sont déjà sur de nouvelles aventures : Lise et Sarah terminent une mission sur mer dans le cadre d'une longue croisière, Mathieu est en cours de tournage de son documentaire « Des gypaètes et des hommes ».
Un prix des '' jeunes regards ''

En fait, petit à petit, une véritable école de jeunes réalisateurs essaime le monde. Il s'agit des anciens élèves de l'IFFCAM, qui se retrouvent fédérés au sein de leur association qui siège à La Grimaudière de Coutières.
Au fil de leurs projets, ils prennent aussi de l'assurance et, cette année pour la première fois, ils décerneront leur propre prix, celui des « jeunes regards », qui rivalisera avec les huit autres récompenses du festival. Et les visiteurs pourront aussi découvrir toute la variété de ces talents neufs les vendredi 29 octobre et samedi 30 à partir de 9 h 30 sur le site de La Grimaudière. Ce sera le festival off, réservé aux courts-métrages d'étude des récentes promotions de l'IFFCAM.
Six autres jeunes cinéastes sont à nouveau en pleine migration hors des murs du festival. Ils suivent la route des grues mais n'oublient pas de donner de leurs nouvelles. Les écoles du canton en reçoivent régulièrement. Comme si Ménigoute devenait la mémoire et le conservatoire de leurs pérégrinations naturalistes.

Secteur agricole : « Les innovations ne suffisent pas »

Le riz qui représente 80% de la production agricole, constitue la base de l’économie de Madagascar. « Mais sans de nouveaux investissements dans des technologies et des méthodes améliorées, il est difficile de savoir si les générations futures seront en mesure de s’appuyer sur cet aliment de base comme source principale de nourriture et de revenu », selon Danielle Nierenberg, chercheuse supérieure de l’Institute Worldwatch à Washington et co-directrice de Nourrir la Planète. Des recherches agricoles ont été menées par des centres comme le FOFIFA en vue d'améliorer la production agricole compte tenu de la croissance démographique. Mais l'accessibilité des paysans à ces nouvelles méthodes constitue une contrainte, a-t-elle évoqué tout en soulignant le problème permanent de la maîtrise de l'eau. En outre, une nouvelle variété améliorée de riz dite « Mailaka » produite par le FOFIFA a connu des effets positifs sur les utilisateurs. « Un tel projet contribuant à soulager la faim et la pauvreté à Madagascar est le genre de travail que « Nourrir la Planète » tente de mettre en évidence, mais les innovations ne suffisent pas », avance Danielle Nierenberg. « Le secteur agricole à Madagascar a encore un long chemin à parcourir pour pouvoir rattraper les pays comme le Brésil », a-t-elle conclu.

Recueillis par Navalona R.

Germoirs biodégradables : Les grandes sociétés intéressées

C'est une nouvelle méthodologie de l'application du SRI déposée à l'OMAPI.

Les germoirs biodégradables constituent une nouvelle méthodologie de l'application du SRI découverte par la société FFF (Fambolena Fiompiana Fanodinana). Il s'agit notamment de la mise en pot des plantules dans les pépinières afin de faciliter leur transplantation sur les champs, et ce, sans enregistrer aucune perte à la culture. Adaptés à toute spéculation comme le riz, le maïs, l'artemisia, l'oignon, le piment, le vétiver, le jatropha et les plantes à huiles essentielles, leur efficacité a été testée avec des rendements améliorés atteignant au minimum le double de la productivité depuis ces trois dernières années. Une étude est maintenant en vue pour la plantation tabaccole. « Les grandes sociétés oeuvrant dans une exploitation à grande échelle commencent à s'y intéresser », a révélé Juslain Raharinaivo, le DG de la société FFF.

Calcul de rentabilité. Il a cité entre autres, le projet Ambatovy qui plante du vétiver sur une longueur de 70km entre Anivorano et Ambodibonara sur la RN2 en vue d'une fixation de remblai et de déblai. La société Bionexx qui cultive des plants d'artémisinine sur une grande superficie, s'y met également. Et de nombreux opérateurs économiques, qui se lancent dans la culture rizicole à grande échelle dans la région d'Alaotra, ont fait état d’une nette amélioration de leur rendement de productivité atteignant entre 8 à 17 tonnes/ha. Les associations paysannes qui travaillent dans le professionnalisme, autrement dit, celles qui savent faire un calcul de rentabilité de leur exploitation, trouvent ainsi un intérêt dans l'application des germoirs biodégradables, selon toujours les explications du DG de la société FFF. La demande de ces germoirs biodégradables connaît un rythme ascendant, notamment durant la période de campagne culturale, a-t-il conclu.

Navalona R. de Midi Madagasikara

L'énergie solaire pour un développement économique durable Le Prix de la Fondation Dr. J.E. Brandenberger sera attribué à Regula Ochsner

Zurich/Ottenbach (ots) - Cela fait déjà 21 ans que la Fondation Dr. J.E. Brandenberger remet son prix d'une valeur de 200'000 francs. Cette année, il est attribué à Regula Ochsner, domiciliée d'Ottenbach, en récompense de son engagement sans faille pour la préservation des ressources naturelles et pour son utilisation novatrice de l'énergie solaire à Madagascar. La cérémonie se tiendra le 30 octobre 2010 à l'université de Zurich.

Le jury, présidé par Annemarie Huber-Hotz, ancienne chancelière fédérale a été impressionné par l'engagement durable et tenace de cette Suissesse de 56 ans envers la nature, l'environnement et l'homme. Le président du conseil de la Fondation, Carlo Schmid- Sutter, se réjouit: «La remise de ce prix à Regula Ochsner est pour nous l'occasion de lui rendre hommage pour la réussite que constitue son engagement bénévole envers la conservation des ressources naturelles et la promotion du développement économique via l'énergie solaire à Madagascar.»

Regula Ochsner a connu cette île à l'époque où elle était une oasis de verdure, riche de diverses espèces. 20 ans plus tard, force est de constater que les gigantesques baobabs disparaissent en raison du déboisement, le sol est asséché et les dégâts causés par l'érosion sont visibles partout. Elle a donc décidé de s'investir dans la protection de la nature encore préservée et dans la lutte contre la pauvreté de la population au sud de Madagascar.

La surface de l'île est déboisée à plus de 90%, en grande partie pour une utilisation domestique en cuisine. Cette déforestation croissante n'a pas seulement détruit le biotope animal, elle menace également l'espace vital de l'homme. Le sol autrefois fertile est à présent appauvri par l'érosion. Les besoins en charbon de bois et en bois de chauffage devaient être couverts. Regula Ochsner a mis en place en 2001 un projet pour l'approvisionnement de la population en fours solaires et elle a fondé l'association ADES (Association pour le Développement de l'Energie Solaire). «Notre projet contribue à lutter contre le déboisement et la pauvreté et permet d'assurer la préservation des ressources naturelles de la population», explique Regula Ochsner. «Le Prix de la Fondation Dr. J.E. Brandenberger va nous permettre d'étendre l'usage du four solaire, c'est fantastique.» L'ADES a également organisé la construction d'une centrale électrique fonctionnant principalement à l'énergie solaire pour l'alimentation en électricité de tout un village. «Lorsque tout le sud de Madagascar sera approvisionné en électricité provenant de l'énergie solaire, en eau fournie par des pompes à énergie solaire, et équipé en fours solaires, alors je serai satisfaite.»

La remise du prix aura lieu le 30 octobre 2010 à 10h à l'auditoire 101 dans le bâtiment principal de l'Université de Zurich, Ramistrasse 71, Zurich.

ots Originaltext: Stiftung Dr. J.E. Brandenberger
Internet: www.presseportal.ch/fr

Contact:
Beatrice Tschanz Kramel
Membre du Conseil de fondation
Mobile: +41/79/407'08'78

Dr. Carlo Schmid-Sutter
Président du Conseil de fondation
Mobile: +41/79/311'45'11

Expédition malgache en 3D


Une équipe scientifique internationale va vivre pendant deux mois, en novembre et décembre, dans une zone encore largement inexplorée de la planète, le massif du Makay à Madagascar, pour étudier sa biodiversité et tourner un documentaire en 3D qui sera diffusé sur Canal+.

Baptisée “Makay, les aventuriers du monde perdu”, le documentaire est produit par Gedeon Programmes avec la participation de la chaîne cryptée qui a présenté vendredi l’opération.

Une première expédition menée et organisée par le jeune explorateur Evrard Wendenbaum a eu lieu en janvier. Le Makay, au sud-ouest de Madagascar, est un labyrinthe de canyons de plusieurs centaines de mètres de profondeur ou faune et flore se sont développées en autarcie.

“Quand j’ai vu les images, j’ai compris qu’il s’agissait d’une découverte importante et que nous avions tous les ingrédients pour tourner un documentaire. On avait l’impression de voir un film tiré d’un roman de Jules Verne”, a expliqué à l’AFP Stéphane Millière, président de Gedeon Programmes.

La première expédition a permis de récolter des centaines d’échantillons à analyser, de découvrir des plantes et des espèces inconnues. Deux grottes ornées montrant des dizaines de dessins de zébus, de personnages, de mains ont aussi été repérées.

L’objectif est de s’appuyer sur les résultats de l’expédition et sur les recommandations des scientifiques pour obtenir le statut d’aire protégée.

En novembre-décembre, c’est une équipe internationale d’experts dans tous les domaines (mammifères, reptiles, botanique, anthropologie, géologie) et “en très bonne forme physique” qui va s’immerger dans le massif du Makay.

Tourné avec la technologie du 3D, le documentaire résultant de l’expédition sera diffusé également en 2D sur Canal+, à la rentrée 2011.

AFP

dimanche 24 octobre 2010

45.000 hectares réduits en cendres

Les feux de brousse ne cessent de prendre de l'ampleur dans certaines régions dont à Analamanga surtout face à la conjoncture politique actuelle. Pour le district d'Ankazobe, près de 45.000 hectares ont été réduits en cendres en 2009 sur les 80.000 brûlés dans la région d'Analamanga (70%). D'où le choix de ce district de lancer officiellement une opération de lutte contre les feux de brousse dénommée «Danga», samedi dernier, afin de renforcer la sensibilisation des communautés et de tout un chacun à opter pour des «fokontany et tanety verts».

Les feux de brousse sont le premier ennemi du district d'Ankazobe chaque année. Près de 45.000 hectares de superficie ont été brûlés en 2009, soit 70% des dégâts dans la région d'Analamanga. Cette localité fait partie des six sites classés zones rouges et fera l'objet de l'opération de lutte contre les feux de brousse dénommée « Danga » qui a été lancée officiellement, samedi dernier, à Ankazobe.


Les régions d'Analamanga, de Sofia, de Betsiboka, de Melaky, de Diana et de Menabe sont concernées par cette campagne de lutte contre les feux de brousse s'étalant sur trois mois. «Danga» est le nom de l'opération qui n'est autre que le nom de l'espèce de broussailles qui pousse dans les forêts et est très sensible aux feux. «Une telle opération a déjà été effectuée depuis 1970 et a été redynamisée cette année afin de responsabiliser les communautés et tout à chacun à changer de comportement et de mentalité face au danger que représentent les feux de brousse favorisant le changement climatique et la dégradation de l'environnement», a expliqué le ministre de l'Environnement et des forêts, le général Herilanto Raveloharison.

Fokontany et Tanety vert

Du mois de juillet jusqu'au 14 octobre dernier, la situation avait tendance à baisser avec 8.000 hectares de surface incendiés dans le district d'Ankazobe mais elle risque d'empirer si aucune disposition n'est prise surtout en cette période électorale, déclare le chef de district. Et cette opération arrive à point nommé afin de renforcer la sensibilisation au niveau de chaque fokontany à protéger son environnement contre les feux en optant pour le reboisement communautaire. En outre, un comité de protection contre les feux de brousse (KMDT) a été mis en place pour l'atteinte de l'objectif «Fokontany vert» comme à Mandrosoa qui a été classé méritant. Selon les explications du directeur régional de l'Environnement dans l'Analamanga, Vololona Randriamampianina, «La région détient le record en feux de brousse avec 80.000 hectares brûlés en 2009. Malgré les efforts déployés, pour le moment près de 6.500 hectares ont été réduits en cendres de juillet à septembre touchant les forêts naturelles, les savanes et les zones de reboisement».

Pour revenir à l'opération «Danga», le coût des dépenses relatives à sa réalisation s'élève à 3 millions d'ariary pour le district d'Ankazobe. Une équipe du cantonnement effectue deux fois par mois des visites des sites où les feux de brousse menacent comme à Antakavana, Kiangara, Talatan'Angavo. Et ce, avec la contribution des éléments de la gendarmerie, du district et des communes.

Noro Niaina d'Orange.mg

vendredi 22 octobre 2010

Marché du carbone: Des projets en cours

Par définition, le marché du carbone constitue l'ensemble des mécanismes d'échanges et de transactions des crédits de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. Ce dernier qui est le premier responsable du déséquilibre du changement climatique. Le marché du carbone, actuellement en pleine expansion, se présente comme une nouvelle opportunité de financement pour une redynamisation du secteur forestier des pays du Sud et à certains pays et à certains opérateurs de lever les barrières et les contraintes généralement associées à ce secteur.

Pour Madagascar, le premier contrat de vente de carbone date de 2005-2006. " 31 projets dans le domaine forestier, énergétique, déchets carboniques, verront le jour d'ici peu. Un marché qui intéresse le ministère de l'Environnement tout autant que le ministère du Commerce " avance Randriasadratana Germain, de la direction de changement climatique du ministère de l'environnement lors d'un atelier de formation des personnels du ministère de commerce et de l'environnement hier à la Chambre de commerce à Antaninarenina. Sous le thème de Biodiversité et Changement climatique, l'atelier a mis l'accent sur les relations des deux ministères. Les points essentiels relatifs à l'intégration de la dimension environnementale au monde du commerce et ou inversement ont été dégagés pour un développement de réflexe environnemental. Les échanges d'idées et les partages d'expériences ont débuté hier pour prendre fin demain.

NIR

Agriculture La sècheresse menace la production


Les plus démunis prient à Ambohitsirohitra pour que les produits de première nécessité arrivent rapidement, tandis que les agriculteurs demandent au ciel que la pluie tombe au plus vite. Faraniaina Raelison, agricultrice sur la rive gauche de l'Ikopa, Fokontany Ampasika, commune rurale de Bemasoandro Itaosy, confirme cet impact négatif de l'insuffisance de pluie, cette année. « Je n'ai obtenu que 50 kg de pommes de terre sur les 150 kg cultivées. J'ai ainsi perdu Ar 50 000, alors qu’Ar 62 500 ont été investis. Qu'allons-nous manger, mes de trois enfants et moi ? Je suis veuve et n'ai pas de mari pour nous faire vivre. Les 150 à 250 kg de pommes de terre récoltées en temps béni nous procuraient des vivres et de l'argent. »

Carences et pénuries

Les bétails sont aussi touchés. « L'assèchement des ruisseaux, lieu d'abreuvoir, nous oblige aussi à transporter de l'eau par seau. Cette situation diminue le travail sur le champ. Il faut, en effet, arroser les légumes en fin d'après midi. Fatigués par le transport de l'eau pour les zébus, nous ne pouvons plus arroser comme il faut nos légumes, qui ne reçoivent plus que 100 litres d'eau au lieu du double », raconte Bera Randriamanana, un cultivateur.

La population qui habite à la périphérie de la commune urbaine d'Antananarivo, s'approvisionnant en eau de puits et de source, subit également aujourd'hui cette insuffisance de pluie. Sur un point d'eau à Antsahamarina, commune d'Ambohitrimanjaka, Vololona, une mère de famille, « n'a recueilli qu'un quart d'eau sur un récipient de dix litres. Je suis ici depuis 14 heures, et n'ai rempli que six récipients de 25 litres jusqu'à 16 heures ». La propreté est ainsi remise en cause. Toujours dans cette commune, « la location d'un étang, à payer mensuellement, pour laver le linge est d'Ar 5 000. C'était moins d'Ar 2 000 et même quasi-gratuit avant », selon Bera Randriamanana, un cultivateur.
Vonjy Radasimalala

Le patrimoine mondial au COP 10 à Nagoya

Du 18 au 29 octobre 2010, la 10ème Conférence des Parties (COP) de la Convention sur la diversité biologique se tient à Nagoya, au Japon. La COP marque le 20ème anniversaire de la Convention et constitue l'un des points culminants de l'Année internationale de la biodiversité (2010). Un des buts importants de cette réunion est l'adoption d'un plan stratégique révisé et mis à jour, incluant de nouveaux objectifs de biodiversité pour l'après 2010.

Menée par la Sous Directrice générale pour les Sciences exactes et naturelles, la délégation UNESCO prendra part à cette importante réunion et abordera également plusieurs questions liées à la Convention du patrimoine mondial. La contribution de la Convention du patrimoine mondial pour la conservation de la biodiversité sera à nouveau mise en lumière. La Liste du patrimoine mondial offre un statut de protection international à une partie significative des sites les plus importants du monde pour la conservation de la biodiversité. A l'heure actuelle, les sites naturels terrestres du patrimoine mondial réunis protègent plus de 1.3 millions km² de terres, soit presque 1% des terres émergées. En outre, près de 1.6 millions km² d'océans sont également protégés au titre de la Convention du patrimoine mondial, y compris cinq des dix aires marines protégées les plus vastes et les plus vierges de la planète. Le classement au patrimoine mondial fournit aux aires protégées de par le monde le plus haut statut internationalement reconnu pour la conservation, à la fois terrestre et marine. Dans plusieurs cas, ce statut a permis de mobiliser un soutien essentiel pour certaines des aires protégées les plus précieuses et les plus exceptionnelles de la planète, assurant leur protection et atténuant le développement non durable et les destructions.

Le Centre du patrimoine mondial est le Secrétariat de la Convention du patrimoine mondial qui est l'une des 6 Conventions relatives à la biodiversité. Conjointement avec les Secrétariats d'autres Conventions (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction - CITES -, Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices, Convention Ramsar sur les zones humides) le Centre du patrimoine mondial a préparé une déclaration commune qui sera présentée par le Secrétaire général de la CITES lors du segment de haut niveau de la COP 10 la semaine prochaine.

Un certain nombre d'événements parallèles importants en relation avec le patrimoine mondial auront également lieu. En marge de la COP se tiendra un forum des jeunes Go4BioDiv au cours duquel de jeunes adultes représentant des sites du patrimoine mondial naturel vont travailler autour du thème "Nos trésors sont en danger - les sites naturels du patrimoine mondial face au changement climatique". Les événements parallèles du Go4BioDiv à Nagoya incluent une exposition, un forum où les jeunes vont présenter les résultats de leur réunion et un spectacle. (voir affiche ci-dessous).

Le 25 octobre un événement parallèle sur le paysage du Tri-national de la Sangha est organisé par la COMIFAC (Commission des Forêts d'Afrique Centrale), afin de présenter le projet de proposition d'inscription de ce paysage transfrontalier sur la Liste du patrimoine mondial (voir affiche ci-dessous).

Le 26 octobre, un point de presse sera organisé par la Norvège sous le titre « Lutter contre l'abattage illégal et le commerce illégal des bois précieux de Madagascar en provenance des sites du patrimoine mondial ». Global Witness et l'Agence d'enquête environnementale (EIA) lanceront leur nouveau rapport suite aux enquêtes menées sur l'abattage illégal et le commerce international de bois de rose, de palissandre et d'ébène de Madagascar. L'UNESCO expliquera à la presse la décision du Comité du patrimoine mondial d'inscrire le site des Forêts humides de l'Atsinanana sur la Liste du patrimoine mondial en péril en juillet 2010.

Madagascar est en troisième place.......................

Une étude du consultant britannique Maplecroft vient de révéler que l’Inde et le Bangladesh sont les deux pays les plus vulnérables face au changement climatique. Les Etats qui présentent actuellement de forts taux de croissance et dont l’économie est en plein boum seraient dans leur ensemble en première ligne. A contrario, les pays nordiques pourraient être les derniers touchés.

Au cas par cas on peut isoler les facteurs qui rendent des pays plus vulnérables que d’autres au changement climatique. Le Bangladesh se caractérise ainsi par une pauvreté « endémique » et est également sujet aux catastrophes naturelles comme les cyclones et les inondations. L’Inde pourrait de son côté faire les frais de la pression démographique, avec une population qui ne cesse de croître et atteint déjà les 1,1 milliard d’individus. Madagascar n’est guère mieux loti, arrivant en troisième position sur la liste noire établie par Maplecroft. Viennent ensuite le Népal, le Mozambique, les Philippines, Haïti, l’Afghanistan, le Zimbabwe et le Myanmar (ancienne Birmanie). Parmi les pays « à risques » on trouve aussi le Vietnam et le Pakistan.

A côté des facteurs précités, la sécheresse, les guerres civiles, la dépendance d’un pays vis-à-vis de l’agriculture ainsi que sa capacité globale à s’adapter au changement ont aussi été pris en compte dans ces travaux.

Une liste riche en enseignements

En établissant un ordre de priorités, un tel classement pourrait inciter tous ceux qui en ont les moyens logistiques et financiers, et notamment les gouvernements, à mettre en place des leviers qui seraient susceptibles d’inverser la tendance. Matthew Bunce, l’un des principaux analystes de Maplecroft, estime à cet égard que « mesurer le degré de vulnérabilité des pays aux variations du climat devrait amener les entreprises à sécuriser leurs investissements ». Et sa collègue Fiona Place d’estimer qu’il s’agit du meilleur outil pour déterminer où les technologies vertes doivent être développées en premier. La liste pourrait enfin constituer un nouvel argument de poids quand il s’agira de statuer sur le sort des pays en développement (PED) au cours des prochaines conférences internationales sur le changement climatique.

Certains Etats, en particulier en Europe, encourent moins de risques que d’autres et nécessitent donc moins d’attention que les autres. Plus spécifiquement les pays nordiques – Finlande, Islande, Irlande, Suède et Danemark – apparaissent en toute fin de liste. La Norvège, elle, est le 171ème et dernier pays du classement, c’est-à-dire celui qui présente la meilleure conjoncture face au changement climatique. Les Etats-Unis sont quant à eux 129ème, alors que le Mexique, la Chine et le Japon occupent respectivement les 45ème, 49ème et 87ème places. La liste n’est cependant pas exhaustive puisque faute de données suffisantes pour certaines nations comme la Corée du Nord et les Maldives, de nombreuses nations n’ont pas été intégrées au classement.

Elle n’en donne pas moins des éléments importants sur la façon dont il faut appréhender l’avenir et représente un des moyens les plus efficaces pour connaître le positionnement d’un pays par rapport à un autre. Il est de la sorte plus facile d’établir une échelle des besoins. Utile à bien des égards, le classement de Maplecroft peut contribuer à faire avancer les débats lors du sommet de Cancun (Mexique). Il ne sera en tout cas pas de trop tant les tractations s’annoncent compliquées.

La biodiversité, ça rapporte gros !

En pleine Conférence de Nagoya, destinée à sauvegarder notre biodiversité, le rapport de l'économiste indien Pavan Sukhdev démontre que la biodiversité rapporte tous les ans 23 500 milliards d'euros. Un argument économique qui pourrait, enfin, faire changer les mentalités !

La biodiversité, notre richesse

23 500 milliards d'euros ! Voilà ce que rapporte la richesse de notre faune et de notre flore chaque année. Plus précisément, cette somme correspond à environ 50% du PIB mondial. Avec ce rapport, l'économiste indien Pavan Sukhdev démontre qu'il est profitable de préserver notre écosystème. Et de la même façon, que le détruire à des fins capitalistes nous mènerait tout droit à notre perte. Mais à qui profite la biodiversité ? Beaucoup de monde. A commencer par les secteurs de la science et de la médecine et plus particulièrement les laboratoires pharmaceutiques. Mais également le tourisme, les milieux de l'agriculture, le secteur du bois ou encore celui de l'halieutique, comprendre la pêche en haute mer.

Une fortune maltraitée

Malheureusement, cette généreuse biodiversité est en danger. En effet, nier la valeur économique de la nature revient à la détruire. Or, cette destruction ne cesse de s'accélérer et nous nous rapprochons dangereusement du point de non-retour. Ce dernier correspondrait à une disparition irréversible d'organismes et d''espèces de notre planète. Plus inquiètant, selon, Ryu Matsumoto, ministre japonais de l'Environnement qui participe à la Conférence de Nagoya, il pourrait « être atteint d'ici dix ans" ». Pourtant, les destructions continuent et s'envolent par la même, nos richesses. Plus concrètement, penchons-nous sur la situation de la forêt de Madagascar, la forêt de Masoala. Si celle-ci venait à disparaître, l'industrie du tourisme perdrait alors 5 milliards de dollars (3,5 milliards d'euros). L'économie pharmaceutique perdrait quant à elle 1,5 milliard de dollars (environ 1 million d'euros). Enfin, les ménages se verraient priver de 4 milliards de dollars (2,9 milliards d'euros).

Une protection pleine de difficultés

Parmi les moyens de sauvegarder notre biodiversité existe le principe du pollueur-payeur. Définit en 1972 par l'OCDE, il consiste en le paiement des mesures de prévention, de réduction, et de lutte contre la pollution par le pollueur. Une belle idée ! Mais encore faudrait-il se mettre d'accord sur une valeur. En effet, celle-ci évolue souvent à l'intérieur de fourchettes démesurées. De plus, à trop vouloir donner une valeur à la nature, cela pourrait se retourner contre elle. Ou plutôt, contre nous. En effet, la valeur pourrait alors devenir un prix, ce qui entraînerait une privatisation de l'écosystème. Pour certain, il faut totalement abandonner l'idée selon laquelle il est possible de donner une valeur à la nature. Et se concentrer sur l'établissement de moyens de calcul permettant d'établir le coût des services écologiques...Autant de questions auxquelles la Conférence de Nagoya tentera d'apporter, on l'espère, des réponses.

Internationalisation de l’environnement : normes, acteurs, territoires à Madagascar

Un colloque international se tiendra les 25 et 26 octobre 2010 sur le site de l’École supérieure des sciences agronomiques (campus d’Ambohitsaina, université d’Antananarivo) pour traiter du thème « Internationalisation de l’environnement : normes, acteurs, territoires à Madagascar ». C’est le second et dernier volet du programme « Géopolitique et environnement » qui s’est réuni à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) à Orléans en décembre 2009. Des chercheurs et des acteurs de la politique environnementale malgache rendront compte des diverses situations d’où émergent leurs questionnements. Le processus d’internationalisation de l’environnement se traduit en effet sur le terrain par une recomposition des relations entre pouvoir et territoire. Les interventions traiteront plus spécifiquement des interfaces entre natures, sociétés et politiques publiques. Trois types de regards ont été retenus : celui de chercheurs, celui d’acteurs institutionnels et celui de la société civile.
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