vendredi 5 novembre 2010

Bois de rose Des témoignages inquiétants

Malgré la multiplication des déclarations de bonne intention dans la lutte contre le trafic de bois de rose, la situation continue d’être inquiétante, si l’on en croit les témoignages de voyageurs ayant récemment traversé le Masoala.

Il y a d’abord un Français, qui reliait Maroantsetra au Cap Est, accompagné d’un guide. Le voyageur raconte avoir vu, deux jours après Ampoakafo en suivant la rivière qui passe à Ambohitralalana, plusieurs dépôts de bois de rose le long de la rivière. À chacun de ces dépôts étaient entreposées 10 à 15 billes, et l’étranger assure n‘avoir vu personne autour. Il a interrogé son guide, mais ce dernier, tenu de n’évoquer avec ses clients que les aspects positifs du pays, s’est refusé à tout commentaire ou information.

Ensuite, un couple ayant effectué le tour du Masoala rapporte les faits suivants : « Nous avons vu des 4X4 remplis de bois de rose après Ampanavoana et surtout du coté de Fanpotakely. Nous avons observé un trafic de bateaux également sur la rivière juste après le Cap Est à traverser en bac. D’après notre guide, agent du parc, le village de Rantranavoana est aussi sollicité et menacé afin de rentrer dans le trafic de bois de rose mais actuellement étant donné que c’est la saison du girofle, il n’y a pas de trafic ».

D’après le guide de ce couple, les agents du parc ne partent pas à moins de 6 en patrouille dans l’intérieur du parc, de peur de tomber sur des trafiquants nombreux.

Mona M.

Rova Manjakamiadana renaît de ses cendres


On croit rêver. Quinze ans après le dramatique incendie qui l'avait complètement détruit, ne laissant qu'une ruine chancelante, des piliers de mur titubant qui ont tenté de résister à l'usure du temps, le Rova de Manjakamiadana trône de nouveau sur les hauteurs d'Analamanga.
Les travaux de réhabilitation entamés en 2007 sont presque terminés, en attendant leur poursuite. Pour le moment, ce n'est qu'une superbe bâtisse aux baies non vitrées qui offre une vue panoramique incomparable sur toute la ville, depuis une immense mezzanine dépourvue de meubles.
Le Palais de la Reine revit, le public avec, grâce au retour des visites depuis jeudi, afin de marquer le15e anniversaire de ce douloureux souvenir.
À l'entrée du Rova, tout est dégagé. Les gros engins de l'entreprise Colas ont laissé la place à une esplanade gravillonnée. Juste devant s'éleve le grand Palais de la Reine débarrassé des échafaudages métalliques. Conservant la structure en pierre à l'extérieur, la façade nord donne déjà une impression de neuf.
De l'extérieur, on aperçoit la couleur rouge bois de la structure en béton servant de soutien à la structure en pierre fragilisée par l'incendie. À l'entrée de l'édifice, deux imposants escaliers en béton invitent à une visite à l'étage. Dans son état actuel, le palais en bois manquera aux conservateurs car tout est, pour le moment, en béton.
Vide
« La structure en bois a été remplacée par une autre en béton. Celle-ci soutient latéralement la partie en pierre de l'extérieur. Horizontalement, elle va supporter le poids du revêtement en bois de toute la structure intérieure », précise Noely Ranaivoarimanana, coordinateur du Comité national du patrimoine (CNP).
À l'intérieur, c'est encore le vide. Le rez-de-chaussée accueille jusqu'à dimanche une exposition du CNP. Les installations ont du mal à se tenir sur place. Sans la structure intérieure, les ouvertures de toutes les façades ont transformé le bâtiment en un véritable royaume des courants d'air. Et il fait terriblement froid à l'intérieur, à l'étage comme au rez-de-chaussée.
En fait, les deux niveaux du palais sont ouverts au public. La façade ouest s'ouvre sur une vue panoramique d'une partie de la ville d'Antananarivo. Les jeunes visiteurs s'empressent de prendre des photos avec leurs téléphones portables.
De l'extérieur à l'intérieur, d'imposants piliers en pierre et d'immenses poutres en béton révèlent la solidité de la construction. Cela fait partie des normes de sécurité requises pour un musée que deviendra très bientôt le fameux Palais de la Reine.

Domoina Ratsara

Développement humain Madagascar récule

L'indice de développement humain (IDH) publié par le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) reflète la vie des Malgaches durant ce temps de crise. Cet indice a diminué de 0,435 pour l'année 2010, s'il était de 0,439 pour l'année 2008.
L'espérance de vie à la naissance est réduite, par exemple, de deux ans: de 61 ans pour l'année 2010 contre 63 ans en 2008. Pour aboutir à un indicateur composite du développement humain, on synthétise des indicateurs d'espérance de vie, de niveau d'études et de revenu.
Plusieurs facteurs expliquent cette diminution de l'IDH. « L'insécurité que ce soit alimentaire ou physique a diminué le taux de production de chaque ménage. La plupart des financements des bailleurs n'ont pas été non plus utilisées pour appuyer les 85% des Malgaches. Les fonds ont été utilisés pour renforcer la capacité de concepteurs mais non pas pour les producteurs. De ce fait, plus des deux tiers des Malgaches sont démunis. Ce recul de l'IDH n'est pas, de ce fait, très étonnant ». expose le sécretaire général de Justice et paix, le père Alain Thierry Raharison.
Vonjy Radasimalala tiré de l'Express de Madagascar

Indicateur de développement humain (IDH)

L'Indicateur de Développement Humain, ou I.D.H., a comme objectif d'essayer de mesurer le niveau de développement des pays, sans en rester simplement à leur poids économique mesuré par le P.I.B. ou le P.I.B. par habitant. Il intégre donc des données plus qualitatives. C'est un indicateur qui fait la synthèse (on l'appelle indicateur composite ou synthétique) de trois séries de données :
  • l'espérance de vie à la naissance (qui donne une idée de l'état sanitaire de la population du pays)
  • le niveau d'instruction mesuré par la durée moyenne de scolarisation et le taux d'alphabétisation
  • le P.I.B. réel (c'est-à-dire corrigé de l'inflation) par habitant, calculé en parité de pouvoir d'achat (PPA - c'est-à-dire en montant assurant le même pouvoir d'achat dans tous les pays)
  • le P.I.B. par habitant donne une indication sur le niveau de vie moyen du pays.

L'I.D.H. est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (P.N.U.D.). Il se présente comme un nombre sans unité compris entre 0 et 1. Plus l'I.D.H. se rapproche de 1, plus le niveau de développement du pays est élevé. Le calcul de l'I.D.H. permet l'établissement d'un classement annuel des pays.

L'I.D.H., s'il est sans doute un meilleur indicateur du niveau de développement d'un pays que le P.I.B. par habitant, n'est cependant pas exempt de faiblesses, en particulier parce qu'il inclut celui-ci et on sait que la mesure du P.I.B. pose de nombreux problèmes. D'autre part, il faudrait sans doute prendre en compte davantage de critères qualitatifs, en particulier en ce qui concerne les inégalités.

Rapport mondial développement humain 2009

IDH 2007 (publié en 2009) Madagascar est en 147 place avec un IDH de 0,543

Statistiques sur 30 ans


Les données pour Madagascar peuvent être résumé ci-dessous:








Données

19750,407
19800,444
19850,44
19900,45
19950,463
20000,493
20050,533
20070,543
2008*0,552
2009*0,56
2010*0,567

LAURÉAT DU GRAND PRIX LITTÉRAIRE GEO 2010


« Loin sous les ravenales », d'Annick de Comarmond






Annick de Comarmond, 54 ans et native du Maroc, vit à Madagascar depuis 1983. Elle enseigne l'histoire au lycée français d'Antananarivo, la capitale. « Loin, sous les ravenales » est son premier roman.

« Excellent roman qui rappelle les romans sentimentaux anglais de la période coloniale, palpitant, très touchant. Un enchantement, un vrai plaisir de lecture jusqu'au dernier mot. Remarquable ! Cela m'a donné envie d'aller découvrir ce pays et sa culture ! » Yann Quéfellec.

Jeune professeur dHélène hérite d'une mine de graphite à Madagascar au sein de la grande forêt de l'Est et décide d'en poursuivre l'exploitation. Un véritable défi car tout est nouveau et étrange pour elle : l'extraction du graphite, bien sûr, mais également le pays, les gens qu'elle côtoie et la nature exubérante qui enserre la mine. L'héroïne devra donc, tant dans sa vie professionnelle que dans sa vie amoureuse, surmonter bien des obstacles si elle veut parvenir à sauver son exploitation. Oscillant entre fascination et exaspération, entre attirance et méfiance, entre rires et larmes, entre enthousiasmes et doutes, ce roman est tantôt drôle, tantôt tragique. Le passé et le présent s'y mêlent ; les Malgaches et les Français s'y côtoient.

jeudi 4 novembre 2010

La longue marche de la peste

Une première ! Une équipe internationale composée notamment de chercheurs français du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS, est parvenue à retracer l’évolution de la peste depuis l’Antiquité. Un travail d’une rare précision qui, au-delà des données historiques qu’il fournit, pourrait servir de modèle pour l’étude d’autres agents infectieux. L’intérêt, c’est de mieux comprendre les mécanismes présidant à l’évolution des pathogènes. Et donc de mieux l’anticiper…

Dans le cas d’espèce, les scientifiques ont reconstitué l’origine biogéographique de la peste. Ils ont également déterminé son âge, et suivi sa dispersion à travers le monde au fil de vagues successives. Ils ont pour cela, utilisé les nouvelles technologies de séquençage et de typage génétique. La science-fiction au secours de l’Histoire ?

Yersinia pestis, la bactérie responsable de la peste, serait ainsi apparue en Chine il y a plus de 2 600 ans. Elle aurait ensuite essaimé vers l’Europe occidentale, « le long de la route de la soie », puis vers l’Afrique (au XVe siècle) avant de gagner l’Amérique du Nord et Madagascar à la fin du XIXe. Elle serait parvenue aux Etats-Unis par les ports de San Francisco et Los Angeles.

« Ce travail a démontré que (ces) vagues épidémiques successives ont eu pour source l’Asie centrale et la Chine », expliquent les auteurs dans la revue Nature Genetics. Ces deux zones géographiques seraient donc à surveiller de très près dans la perspective de futures épidémies. Par ailleurs, la méthodologie comme les outils utilisés dans le cadre de ce travail pourraient servir à « l’étude d’autres bactéries hautement pathogènes et peu variables génétiquement ». Comme les agents infectieux de la tuberculose ou de l’anthrax.

Source : Nature Genetics, online, 31 octobre 2010, doi :10.1038/ng.705.

Madagascar : nécessité d’instaurer une véritable culture de la formation professionnelle

Les membres de la Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones (CPCCAF), qui ont tenu leur 36ème Assemblée Générale à Antananarivo à Madagascar les 2 et 3 novembre 2010, ont débattu la nécessité d’instaurer une véritable culture de la formation professionnelle à Madagascar et en Afrique.

Dans cette perspective, les membres de CPCCAF ont constaté que plusieurs facteurs ont freiné l’épanouissement de la Formation Professionnelle. D’une part, la faible industrialisation en Afrique ne favorisait pas l’acquisition de compétences techniques spécifiques. D’autre part, la prépondérance du secteur informel se traduisait par un apprentissage dans la rue dont le contenu ne correspondait pas aux attentes des entreprises formalisées.

En outre, l’instabilité institutionnelle de certaines économies ne favorisait pas la définition et l’application de politiques dédiées à la Formation Professionnelle et à l’Enseignement Technologiques.

Aujourd’hui, le développement de la Formation Professionnelle revêt une importance stratégique au niveau mondial. Ensuite, le continent africain dispose des ressources naturelles et énergétiques ainsi qu’un potentiel arable, qui constituent une opportunité réelle de transformation et de commercialisation. De plus, la démographie dans le continent africain nécessite de procurer une activité professionnelle stable et régulière à des centaines de milliers de jeunes qui demande de travail. Ceci s’avérera pour la stabilité sociale des Etats.

La CPCCAF est le réseau de coopération et d’appui aux chambres consulaires pour le développement et la structuration du secteur privé en Afrique. Ce réseau unique regroupe aujourd’hui près de 100 organisations intermédiaires de 30 pays francophones, dont les compétences couvrent les secteurs du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et de l’Agriculture. La prochaine réunion du CPCCAF se tiendra à Cotonou Bénin en novembre 2011. (Xinhua)