lundi 25 octobre 2010

Expédition malgache en 3D


Une équipe scientifique internationale va vivre pendant deux mois, en novembre et décembre, dans une zone encore largement inexplorée de la planète, le massif du Makay à Madagascar, pour étudier sa biodiversité et tourner un documentaire en 3D qui sera diffusé sur Canal+.

Baptisée “Makay, les aventuriers du monde perdu”, le documentaire est produit par Gedeon Programmes avec la participation de la chaîne cryptée qui a présenté vendredi l’opération.

Une première expédition menée et organisée par le jeune explorateur Evrard Wendenbaum a eu lieu en janvier. Le Makay, au sud-ouest de Madagascar, est un labyrinthe de canyons de plusieurs centaines de mètres de profondeur ou faune et flore se sont développées en autarcie.

“Quand j’ai vu les images, j’ai compris qu’il s’agissait d’une découverte importante et que nous avions tous les ingrédients pour tourner un documentaire. On avait l’impression de voir un film tiré d’un roman de Jules Verne”, a expliqué à l’AFP Stéphane Millière, président de Gedeon Programmes.

La première expédition a permis de récolter des centaines d’échantillons à analyser, de découvrir des plantes et des espèces inconnues. Deux grottes ornées montrant des dizaines de dessins de zébus, de personnages, de mains ont aussi été repérées.

L’objectif est de s’appuyer sur les résultats de l’expédition et sur les recommandations des scientifiques pour obtenir le statut d’aire protégée.

En novembre-décembre, c’est une équipe internationale d’experts dans tous les domaines (mammifères, reptiles, botanique, anthropologie, géologie) et “en très bonne forme physique” qui va s’immerger dans le massif du Makay.

Tourné avec la technologie du 3D, le documentaire résultant de l’expédition sera diffusé également en 2D sur Canal+, à la rentrée 2011.

AFP

dimanche 24 octobre 2010

45.000 hectares réduits en cendres

Les feux de brousse ne cessent de prendre de l'ampleur dans certaines régions dont à Analamanga surtout face à la conjoncture politique actuelle. Pour le district d'Ankazobe, près de 45.000 hectares ont été réduits en cendres en 2009 sur les 80.000 brûlés dans la région d'Analamanga (70%). D'où le choix de ce district de lancer officiellement une opération de lutte contre les feux de brousse dénommée «Danga», samedi dernier, afin de renforcer la sensibilisation des communautés et de tout un chacun à opter pour des «fokontany et tanety verts».

Les feux de brousse sont le premier ennemi du district d'Ankazobe chaque année. Près de 45.000 hectares de superficie ont été brûlés en 2009, soit 70% des dégâts dans la région d'Analamanga. Cette localité fait partie des six sites classés zones rouges et fera l'objet de l'opération de lutte contre les feux de brousse dénommée « Danga » qui a été lancée officiellement, samedi dernier, à Ankazobe.


Les régions d'Analamanga, de Sofia, de Betsiboka, de Melaky, de Diana et de Menabe sont concernées par cette campagne de lutte contre les feux de brousse s'étalant sur trois mois. «Danga» est le nom de l'opération qui n'est autre que le nom de l'espèce de broussailles qui pousse dans les forêts et est très sensible aux feux. «Une telle opération a déjà été effectuée depuis 1970 et a été redynamisée cette année afin de responsabiliser les communautés et tout à chacun à changer de comportement et de mentalité face au danger que représentent les feux de brousse favorisant le changement climatique et la dégradation de l'environnement», a expliqué le ministre de l'Environnement et des forêts, le général Herilanto Raveloharison.

Fokontany et Tanety vert

Du mois de juillet jusqu'au 14 octobre dernier, la situation avait tendance à baisser avec 8.000 hectares de surface incendiés dans le district d'Ankazobe mais elle risque d'empirer si aucune disposition n'est prise surtout en cette période électorale, déclare le chef de district. Et cette opération arrive à point nommé afin de renforcer la sensibilisation au niveau de chaque fokontany à protéger son environnement contre les feux en optant pour le reboisement communautaire. En outre, un comité de protection contre les feux de brousse (KMDT) a été mis en place pour l'atteinte de l'objectif «Fokontany vert» comme à Mandrosoa qui a été classé méritant. Selon les explications du directeur régional de l'Environnement dans l'Analamanga, Vololona Randriamampianina, «La région détient le record en feux de brousse avec 80.000 hectares brûlés en 2009. Malgré les efforts déployés, pour le moment près de 6.500 hectares ont été réduits en cendres de juillet à septembre touchant les forêts naturelles, les savanes et les zones de reboisement».

Pour revenir à l'opération «Danga», le coût des dépenses relatives à sa réalisation s'élève à 3 millions d'ariary pour le district d'Ankazobe. Une équipe du cantonnement effectue deux fois par mois des visites des sites où les feux de brousse menacent comme à Antakavana, Kiangara, Talatan'Angavo. Et ce, avec la contribution des éléments de la gendarmerie, du district et des communes.

Noro Niaina d'Orange.mg

vendredi 22 octobre 2010

Marché du carbone: Des projets en cours

Par définition, le marché du carbone constitue l'ensemble des mécanismes d'échanges et de transactions des crédits de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. Ce dernier qui est le premier responsable du déséquilibre du changement climatique. Le marché du carbone, actuellement en pleine expansion, se présente comme une nouvelle opportunité de financement pour une redynamisation du secteur forestier des pays du Sud et à certains pays et à certains opérateurs de lever les barrières et les contraintes généralement associées à ce secteur.

Pour Madagascar, le premier contrat de vente de carbone date de 2005-2006. " 31 projets dans le domaine forestier, énergétique, déchets carboniques, verront le jour d'ici peu. Un marché qui intéresse le ministère de l'Environnement tout autant que le ministère du Commerce " avance Randriasadratana Germain, de la direction de changement climatique du ministère de l'environnement lors d'un atelier de formation des personnels du ministère de commerce et de l'environnement hier à la Chambre de commerce à Antaninarenina. Sous le thème de Biodiversité et Changement climatique, l'atelier a mis l'accent sur les relations des deux ministères. Les points essentiels relatifs à l'intégration de la dimension environnementale au monde du commerce et ou inversement ont été dégagés pour un développement de réflexe environnemental. Les échanges d'idées et les partages d'expériences ont débuté hier pour prendre fin demain.

NIR

Agriculture La sècheresse menace la production


Les plus démunis prient à Ambohitsirohitra pour que les produits de première nécessité arrivent rapidement, tandis que les agriculteurs demandent au ciel que la pluie tombe au plus vite. Faraniaina Raelison, agricultrice sur la rive gauche de l'Ikopa, Fokontany Ampasika, commune rurale de Bemasoandro Itaosy, confirme cet impact négatif de l'insuffisance de pluie, cette année. « Je n'ai obtenu que 50 kg de pommes de terre sur les 150 kg cultivées. J'ai ainsi perdu Ar 50 000, alors qu’Ar 62 500 ont été investis. Qu'allons-nous manger, mes de trois enfants et moi ? Je suis veuve et n'ai pas de mari pour nous faire vivre. Les 150 à 250 kg de pommes de terre récoltées en temps béni nous procuraient des vivres et de l'argent. »

Carences et pénuries

Les bétails sont aussi touchés. « L'assèchement des ruisseaux, lieu d'abreuvoir, nous oblige aussi à transporter de l'eau par seau. Cette situation diminue le travail sur le champ. Il faut, en effet, arroser les légumes en fin d'après midi. Fatigués par le transport de l'eau pour les zébus, nous ne pouvons plus arroser comme il faut nos légumes, qui ne reçoivent plus que 100 litres d'eau au lieu du double », raconte Bera Randriamanana, un cultivateur.

La population qui habite à la périphérie de la commune urbaine d'Antananarivo, s'approvisionnant en eau de puits et de source, subit également aujourd'hui cette insuffisance de pluie. Sur un point d'eau à Antsahamarina, commune d'Ambohitrimanjaka, Vololona, une mère de famille, « n'a recueilli qu'un quart d'eau sur un récipient de dix litres. Je suis ici depuis 14 heures, et n'ai rempli que six récipients de 25 litres jusqu'à 16 heures ». La propreté est ainsi remise en cause. Toujours dans cette commune, « la location d'un étang, à payer mensuellement, pour laver le linge est d'Ar 5 000. C'était moins d'Ar 2 000 et même quasi-gratuit avant », selon Bera Randriamanana, un cultivateur.
Vonjy Radasimalala

Le patrimoine mondial au COP 10 à Nagoya

Du 18 au 29 octobre 2010, la 10ème Conférence des Parties (COP) de la Convention sur la diversité biologique se tient à Nagoya, au Japon. La COP marque le 20ème anniversaire de la Convention et constitue l'un des points culminants de l'Année internationale de la biodiversité (2010). Un des buts importants de cette réunion est l'adoption d'un plan stratégique révisé et mis à jour, incluant de nouveaux objectifs de biodiversité pour l'après 2010.

Menée par la Sous Directrice générale pour les Sciences exactes et naturelles, la délégation UNESCO prendra part à cette importante réunion et abordera également plusieurs questions liées à la Convention du patrimoine mondial. La contribution de la Convention du patrimoine mondial pour la conservation de la biodiversité sera à nouveau mise en lumière. La Liste du patrimoine mondial offre un statut de protection international à une partie significative des sites les plus importants du monde pour la conservation de la biodiversité. A l'heure actuelle, les sites naturels terrestres du patrimoine mondial réunis protègent plus de 1.3 millions km² de terres, soit presque 1% des terres émergées. En outre, près de 1.6 millions km² d'océans sont également protégés au titre de la Convention du patrimoine mondial, y compris cinq des dix aires marines protégées les plus vastes et les plus vierges de la planète. Le classement au patrimoine mondial fournit aux aires protégées de par le monde le plus haut statut internationalement reconnu pour la conservation, à la fois terrestre et marine. Dans plusieurs cas, ce statut a permis de mobiliser un soutien essentiel pour certaines des aires protégées les plus précieuses et les plus exceptionnelles de la planète, assurant leur protection et atténuant le développement non durable et les destructions.

Le Centre du patrimoine mondial est le Secrétariat de la Convention du patrimoine mondial qui est l'une des 6 Conventions relatives à la biodiversité. Conjointement avec les Secrétariats d'autres Conventions (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction - CITES -, Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices, Convention Ramsar sur les zones humides) le Centre du patrimoine mondial a préparé une déclaration commune qui sera présentée par le Secrétaire général de la CITES lors du segment de haut niveau de la COP 10 la semaine prochaine.

Un certain nombre d'événements parallèles importants en relation avec le patrimoine mondial auront également lieu. En marge de la COP se tiendra un forum des jeunes Go4BioDiv au cours duquel de jeunes adultes représentant des sites du patrimoine mondial naturel vont travailler autour du thème "Nos trésors sont en danger - les sites naturels du patrimoine mondial face au changement climatique". Les événements parallèles du Go4BioDiv à Nagoya incluent une exposition, un forum où les jeunes vont présenter les résultats de leur réunion et un spectacle. (voir affiche ci-dessous).

Le 25 octobre un événement parallèle sur le paysage du Tri-national de la Sangha est organisé par la COMIFAC (Commission des Forêts d'Afrique Centrale), afin de présenter le projet de proposition d'inscription de ce paysage transfrontalier sur la Liste du patrimoine mondial (voir affiche ci-dessous).

Le 26 octobre, un point de presse sera organisé par la Norvège sous le titre « Lutter contre l'abattage illégal et le commerce illégal des bois précieux de Madagascar en provenance des sites du patrimoine mondial ». Global Witness et l'Agence d'enquête environnementale (EIA) lanceront leur nouveau rapport suite aux enquêtes menées sur l'abattage illégal et le commerce international de bois de rose, de palissandre et d'ébène de Madagascar. L'UNESCO expliquera à la presse la décision du Comité du patrimoine mondial d'inscrire le site des Forêts humides de l'Atsinanana sur la Liste du patrimoine mondial en péril en juillet 2010.

Madagascar est en troisième place.......................

Une étude du consultant britannique Maplecroft vient de révéler que l’Inde et le Bangladesh sont les deux pays les plus vulnérables face au changement climatique. Les Etats qui présentent actuellement de forts taux de croissance et dont l’économie est en plein boum seraient dans leur ensemble en première ligne. A contrario, les pays nordiques pourraient être les derniers touchés.

Au cas par cas on peut isoler les facteurs qui rendent des pays plus vulnérables que d’autres au changement climatique. Le Bangladesh se caractérise ainsi par une pauvreté « endémique » et est également sujet aux catastrophes naturelles comme les cyclones et les inondations. L’Inde pourrait de son côté faire les frais de la pression démographique, avec une population qui ne cesse de croître et atteint déjà les 1,1 milliard d’individus. Madagascar n’est guère mieux loti, arrivant en troisième position sur la liste noire établie par Maplecroft. Viennent ensuite le Népal, le Mozambique, les Philippines, Haïti, l’Afghanistan, le Zimbabwe et le Myanmar (ancienne Birmanie). Parmi les pays « à risques » on trouve aussi le Vietnam et le Pakistan.

A côté des facteurs précités, la sécheresse, les guerres civiles, la dépendance d’un pays vis-à-vis de l’agriculture ainsi que sa capacité globale à s’adapter au changement ont aussi été pris en compte dans ces travaux.

Une liste riche en enseignements

En établissant un ordre de priorités, un tel classement pourrait inciter tous ceux qui en ont les moyens logistiques et financiers, et notamment les gouvernements, à mettre en place des leviers qui seraient susceptibles d’inverser la tendance. Matthew Bunce, l’un des principaux analystes de Maplecroft, estime à cet égard que « mesurer le degré de vulnérabilité des pays aux variations du climat devrait amener les entreprises à sécuriser leurs investissements ». Et sa collègue Fiona Place d’estimer qu’il s’agit du meilleur outil pour déterminer où les technologies vertes doivent être développées en premier. La liste pourrait enfin constituer un nouvel argument de poids quand il s’agira de statuer sur le sort des pays en développement (PED) au cours des prochaines conférences internationales sur le changement climatique.

Certains Etats, en particulier en Europe, encourent moins de risques que d’autres et nécessitent donc moins d’attention que les autres. Plus spécifiquement les pays nordiques – Finlande, Islande, Irlande, Suède et Danemark – apparaissent en toute fin de liste. La Norvège, elle, est le 171ème et dernier pays du classement, c’est-à-dire celui qui présente la meilleure conjoncture face au changement climatique. Les Etats-Unis sont quant à eux 129ème, alors que le Mexique, la Chine et le Japon occupent respectivement les 45ème, 49ème et 87ème places. La liste n’est cependant pas exhaustive puisque faute de données suffisantes pour certaines nations comme la Corée du Nord et les Maldives, de nombreuses nations n’ont pas été intégrées au classement.

Elle n’en donne pas moins des éléments importants sur la façon dont il faut appréhender l’avenir et représente un des moyens les plus efficaces pour connaître le positionnement d’un pays par rapport à un autre. Il est de la sorte plus facile d’établir une échelle des besoins. Utile à bien des égards, le classement de Maplecroft peut contribuer à faire avancer les débats lors du sommet de Cancun (Mexique). Il ne sera en tout cas pas de trop tant les tractations s’annoncent compliquées.

La biodiversité, ça rapporte gros !

En pleine Conférence de Nagoya, destinée à sauvegarder notre biodiversité, le rapport de l'économiste indien Pavan Sukhdev démontre que la biodiversité rapporte tous les ans 23 500 milliards d'euros. Un argument économique qui pourrait, enfin, faire changer les mentalités !

La biodiversité, notre richesse

23 500 milliards d'euros ! Voilà ce que rapporte la richesse de notre faune et de notre flore chaque année. Plus précisément, cette somme correspond à environ 50% du PIB mondial. Avec ce rapport, l'économiste indien Pavan Sukhdev démontre qu'il est profitable de préserver notre écosystème. Et de la même façon, que le détruire à des fins capitalistes nous mènerait tout droit à notre perte. Mais à qui profite la biodiversité ? Beaucoup de monde. A commencer par les secteurs de la science et de la médecine et plus particulièrement les laboratoires pharmaceutiques. Mais également le tourisme, les milieux de l'agriculture, le secteur du bois ou encore celui de l'halieutique, comprendre la pêche en haute mer.

Une fortune maltraitée

Malheureusement, cette généreuse biodiversité est en danger. En effet, nier la valeur économique de la nature revient à la détruire. Or, cette destruction ne cesse de s'accélérer et nous nous rapprochons dangereusement du point de non-retour. Ce dernier correspondrait à une disparition irréversible d'organismes et d''espèces de notre planète. Plus inquiètant, selon, Ryu Matsumoto, ministre japonais de l'Environnement qui participe à la Conférence de Nagoya, il pourrait « être atteint d'ici dix ans" ». Pourtant, les destructions continuent et s'envolent par la même, nos richesses. Plus concrètement, penchons-nous sur la situation de la forêt de Madagascar, la forêt de Masoala. Si celle-ci venait à disparaître, l'industrie du tourisme perdrait alors 5 milliards de dollars (3,5 milliards d'euros). L'économie pharmaceutique perdrait quant à elle 1,5 milliard de dollars (environ 1 million d'euros). Enfin, les ménages se verraient priver de 4 milliards de dollars (2,9 milliards d'euros).

Une protection pleine de difficultés

Parmi les moyens de sauvegarder notre biodiversité existe le principe du pollueur-payeur. Définit en 1972 par l'OCDE, il consiste en le paiement des mesures de prévention, de réduction, et de lutte contre la pollution par le pollueur. Une belle idée ! Mais encore faudrait-il se mettre d'accord sur une valeur. En effet, celle-ci évolue souvent à l'intérieur de fourchettes démesurées. De plus, à trop vouloir donner une valeur à la nature, cela pourrait se retourner contre elle. Ou plutôt, contre nous. En effet, la valeur pourrait alors devenir un prix, ce qui entraînerait une privatisation de l'écosystème. Pour certain, il faut totalement abandonner l'idée selon laquelle il est possible de donner une valeur à la nature. Et se concentrer sur l'établissement de moyens de calcul permettant d'établir le coût des services écologiques...Autant de questions auxquelles la Conférence de Nagoya tentera d'apporter, on l'espère, des réponses.