dimanche 20 mars 2011

Projet Action Carbone de compostage à Madagascar: Validé par Bureau Veritas

Le projet de valorisation de déchets organiques en compost à usage agricole à Madagascar, vient d’être validé par Bureau Veritas selon le label VCS (Voluntary Carbon Standard ). Ce projet est soutenu par le programme Action Carbone de la fondation GoodPlanet, et mené sur place par les associations malgaches Tananamadio et française Gevalor. Et d’après les données de ActionCarbone, il apparaît, entre autres, que la validation par Bureau Veritas ouvre l’inscription du projet au registre VCS . À ce jour, ce projet constituerait le premier projet

de réductions d’émission à Madagascar validé par le label VCS. Le document de projet validé par Bureau Veritas a été établi selon une méthodologie MDP (Mécanisme de Développement Propre, méthodologie AMS-III.F.). Il démontre la réduction de 150 000 tonnes d’équivalent CO2 sur une période de 10 ans à partir d’octobre 2008, pour une capacité de traitement en ordures ménagères devant atteindre 12 000 tonnes par an à partir de 2011.

Avant le lancement du projet, toujours selon les mêmes informations, il est indiqué, surtout, que les déchets étaient stockés en tas dans la décharge. La décomposition anaérobie (en l’absence d’air) de ces déchets induit l’émission de méthane, gaz à effet de serre très puissant (21 fois plus que le CO2). La fabrication de compost à partir de ces déchets permet d’éviter une partie des rejets de gaz à effet de serre. Dans ce projet, compte tenu des contraintes peu favorables à une collecte sélective, les ordures ménagères brutes collectées sont triées sur le site par une combinaison de moyens manuels et mécaniques. Le nombre d’emplois créés est actuellement de plus d’une centaine et devrait doubler à partir de 2011.

De tout ce qui précède, note-t-on, ccette valorisation incite la Municipalité de Mahajanga à améliorer l’efficacité de la collecte, actuellement encore très insuffisante (environ 30 % seulement des ordures ménagères sont collectées) avec l’aide d’organismes comme l’Institut Régional de Coopération Développement IRCOD et Enda OI (Environnement et Développement, Océan Indien). Le compost commercialisé permet le développement de l’agriculture locale (maraîchage périurbain, reforestations, cultures de jatropha…) tout en limitant le recours à des engrais chimiques et en restituant de la matière organique aux sols. Le volet agronomique du projet bénéficie de l’appui scientifique (projet Isard) du centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA).

L’approche est sans doute extrapolable à de nombreuses villes des pays en développement. Compte tenu du taux de croissance élevé de ces villes, les besoins, tant au niveau de la gestion des déchets que de l’approvisionnement en produits maraîchers, de la création d’emplois ou de la lutte contre le changement climatique, favoriseront ce type d’approche. On considère en effet qu’une « tranche » de 100 000 habitants dans une ville des pays en développement génère annuellement environ 20 000 tonnes d’ordures ménagères. Il faudra cependant prendre en compte la législation et le climat local, la quantité et la nature des ordures collectées, le mode de dépôt des déchets, etc. Gevalor et GoodPlanet réfléchissent actuellement à de potentielles futures zones d’intervention pour diffuser cette technologie.